|
Annuaire |
Référencement Flux RSSDémultipliez les liens et backlinks vers votre site ! |
|
|
Blog hisroire de l'art
Blog histoire de l'art de l'artiste peintre contemporain Mik-art : biographies d'artistes, analyses d'oeuvres, index des mouvements artistiques et citations célèbres sur l'art, les artistes et la peinture. Louise Bourgeois, Maman (?), analyse d'oeuvre
"L’araignée énorme que Louise Bourgeois réalise depuis 1994 sous différentes formes et mises en scène, reste une figure ambivalente de la mère. Si pour l’artiste elle est bénéfique, elle
n’ignore pas qu’elle peut assumer le rôle d’un objet phobique et devenir métaphore de la femme qui attend dans sa toile les victimes masculines prises au piège pour les dévorer. Le thème
mythologique des Trois Parques qui filent le destin, ou d’Arachné, jeune fille grecque experte en l’art du tissage et transformée par Athéna qui en est jalouse en araignée, se rattachent au
caractère symbolique de la représentation de l’insecte. Bourgeois en donne plusieurs versions dont certaines terrifiantes."
"L'ami(l'araignée-pourquoi l'araignée?) parce que mon meilleur ami c'était ma mère et elle était réfléchie, intelligente, patiente, apaisante, raisonnable, délicate, subtile, indispensable,
propre, et utile comme une araignée. Elle savait aussi se défendre, et me défendre moi, en refusant de répondre à de'stupides' embarrassantes et indiscrètes questions personnelles. Je ne me
fatiguerai jamais de la représenter. Je veux: manger, dormir, discuter, blesser, détruire... -Pourquoi? -Mes raisons n'appartiennent qu'à moi."
Le monstre de Louise Bourgeois, n’est donc pas un monstre simplement terrifiant qui renvoie aux connotations du monstre classique, c’est un monstre qui se faufile entre les aspects les plus
rassurants et familiers de la figure maternelle, qui dévoile une double nature. Un monstre issue de la destruction et reconstruction constante de l’artiste, un monstre jouant avec le passé, la
mémoire : un monstre féminin.
Frida Kahlo, Moïse ou Le nucléus (1945), analyse d'oeuvre
En haut à gauche sont représentés trois dieux aztèques à commencer par Tlaloc qui est le dieu de la pluie et de l'agriculture, suivi de Coatlique, déesse de la mort et de Quetzalcoatl, dieu de la
civilisation et de la connaissance. A côté de ceux-ci est présent un jaguar entouré de sang et de flammes et représentant la guerre, juste au dessus de la déesse Tonantzin, mère des dieux
aztèques. A sa gauche sont représentés la lune (lapin dans cercle) et le soleil (représentation d'un des deux serpents du soleil). Un dieu indien est allongé au dessus d'un squelette qui est un
autre symbole de la mort (en plus de Coatlique).
Source : Frida Kahlo.
Biographie du peintre Antoni Tàpies
Antoni Tàpies est né le 12 décembre 1923 à Barcelone en Espagne. Enfant à la santé fragile il commence à dessiner et à peindre très
tôt. Il fait des études de droit (1943-1946) et de dessin (Académie Valls, 1944) à Barcelone. De 1948 à 1951, il est cofondateur du groupe et de la revue Dau al Set
(en catalan : la septième face du blé), mouvement constitué pour lutter contre l'apathie
intellectuelle de l'Espagne d'alors. Marqué par la guerre civile espagnole, protestant de l'intérieur contre Franco, il ne conçoit "l'artiste qu'en pleine aventure".
Tàpies rencontre Miro dont l'influence le fait entrer dans
une période surréaliste. La même année il participe au Salon d'Automne de Barcelone.Sa première exposition presonnelle a lieu en 1950 à la
Galeries Laietanes de Barcelone. L'année suivante, à Paris, il rencontre Braque, Picasso, découvre l'art informel avec Dubuffet et
Fautrier, ainsi que les écrits de Michel Tapié. En 1958, il participe à la Biennale de Venise et dès 1962, les grands musées organise des rétrospectives de ses oeuvres (Hanovre, 1962 ; Vienne,
1968 ; Musée d'Art moderne de Paris,1973).
Après une période de dessins, de peintures surréalistes, Antoni Tàpies transmue les matériaux les plus divers et les plus pauvres en signes picturaux. A partir de 1950, il inclut couleurs et
fossiles dans des blocs empâtés de colle, de sable et de plâtre qui deviendront des "murs, des fenêtres, ou des portes" ("Tous les murs portent témoignage du martyre de notre
peuple"). Il utilise également des journaux, des bouts de ficelle pour des collages au contenu social provoquant (Journal avec signe, 1964).
A la fin des années soixante, il revient à des compositions plus figuratives (tableaux-objets et bas-reliefs), toiles barrées de croix ou imprimées de "croix manifestes". Au début des années 70, Tapiès réalise ses premières sculptures ainsi que des assemblages. En 1973, une rétrospective est organisée au musée d'Art moderne de la
ville de Paris. Depuis 1980, il réalise de grandes installations et combine peintures, objets, tissus et matériaux divers.
Antoni Tàpies vit et travaille à Barcelone et est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands peintres de la seconde moitié du XX e siècle. Il fait partie du cercle très
fermé des artistes d'art contemporain auxquels l'Espagne a rendu hommage de leur vivant par la création de musée ou de fondation (Dali, Miro, Tàpies). Ses dernières expositions importantes ont eu lieu au musée du Jeu de Paume en 1994 et au musée d'Art Contemporain de
Barcelone en 2004.
"La valeur d'un artiste réside dans la somme complexe d'idées, de sentiments, d'exemples (parfois mauvais) qu'il réussit à communiquer. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait parfois à coeur de
se montrer dans sa parfaite nudité ; à travers son oeuvre mais aussi dans toutes ses conduites, dans toutes ses expressions y compris l'expression verbale. Peut-être cet ensemble représente-t-il
sa véritable oeuvre. Et ses tableaux, ses sculptures ou ses poèmes, oeuvres "partielles", deviennent beaucoup plus intelligibles dans la perspective de cet ensemble complexe." Antoni
Tàpies.
Source : Larousse.
Biographie de l'artiste Jean Cocteau
L'enfance a laissé des traces profondes chez ce garçon fragile et hypersensible. Issu d'une famille bourgeoise, le jeune Cocteau (né le 5 juillet 1889) partage son temps entre
une villa à Maison-Laffitte et un appartement à Paris, dans une ambiance insouciante où l'on se pique d'art avec éclectisme et légèreté. A l'âge de 9 ans, la mort surgit dans cette vie paisible :
son père, un être effacé, rentier et vaguement peintre, se suicide d'une balle dans la tête. Le petit Jean, dernier d'une fratrie de trois, grandit avec sa mère Eugénie.
Le jeune homme fait preuve de facilités artistiques, notamment dans le dessin et l'écriture. Après trois échecs au bac, dont il fait peu de cas, Jean Cocteau choisit la carrière d'homme de
lettres. Il fait vite fureur dans les salons. Il publie ses premiers poèmes dès 1909 et devient une des figures à la mode du Tout-Paris et des salons que fréquentent les Daudet, la comtesse
de Noailles et Marcel Proust. Il publie son premier livre de poèmes, La Lampe d'Aladin, à 19 ans. Cocteau devient alors connu dans les cercles artistiques bohémiens comme le 'prince
frivole'. C'est sous ce titre qu'il publiera à 21 ans, en 1910, son second recueil de poèmes.
Tout au long de sa vie, il se lit d'amitié avec d'autres grands artistes de son époque : Proust, Gide, Barrès, Apollinaire,
Picasso, Truffaut, Piaf,... En 1918, il rencontre le poète Raymond
Radiguet et aurait eu une relation amoureuse intense avec lui. Horrifié par la mort soudaine de Radiguet en 1923, il devient accroc à l'opium, son visage s'émacie, sa silhouette s'amaigrit... et
son oeuvre prend des accents plus sombres, plus introspectifs, reflet de cette douleur intérieur. On prête également des relations amoureuses entre Cocteau et Nathalie Paley (princesse et
actrice), Jean Marais, Edouard Dermit (acteurs) ou encore Panama Al Brown (boxeur).
L’entre-deux-guerres devait être pour Jean Cocteau, au faîte de sa gloire, une période d’intense créativité, placée sous le signe de l’avant-guarde. Il collabore avec des musiciens tels Érik
Satie (Parade, 1917) et Darius Milhaud, comme avec des peintres célèbres. Il témoigne dans son écriture d’une égale curiosité, s’essayant à la poésie
d’inspiration futuriste, dadaïste ou cubiste : Le Cap de Bonne Espérance (1919), au roman poétique : Le Potomac (1919),
Thomas l’imposteur (1923), Les Enfants terribles (1929). Il occupe également une grand place dans le théâtre, avec Les
Mariés de la tour Eiffel (1924), La Voix humaine (1930), La Machine infernale (1934), Les
Parents terribles (1938), Les Monstres sacrés (1940), Le Bel Indifférent (1940, avec Edith Piaf),
La Machine à écrire (1941), L’Aigle à deux têtes (1946), Bacchus (1952).
Enfin, le cinéma devait à son tour attirer Jean Cocteau, qui donne au septième art des films et des scénarios marquants, parmi lesquels on citera Le Sang d’un poète
(1930), L’Éternel retour (1943), La Belle et la Bête (1945, avec Jean Marais) dont la beauté des décors, les
jeux d’ombre, les trucages donnent à ce conte écrit en 1757, une féerie inégalée. Il réalise aussi entre autres Les Parents terribles (1949),
Orphée (1950) et Le Testament d’Orphée (1960). Les films de Cocteau, dont il a écrit et dirigé la majeure partie, furent
particulièrement importants dans la mesure où ils introduisirent le surréalisme (mot inventé par Apollinaire) dans le cinéma français et influencèrent, dans une certaine mesure, le genre français
de la Nouvelle Vague.
Il convient d’ajouter encore à la palette variée de ses talents celui de dessinateur (citons ses dessins très érotiques du Livre Blanc) et de peintre. Le dessin n'est pourtant pas l'aspect le
plus connu de l'art de Cocteau. Il traverse pourtant toute son oeuvre, de ses caricatures des années 1900, à ses fresques pour la villa Santo-Sospir de Saint-Jean-Cap-Ferrat ou des chapelles de
Villefranche-sur-Mer et Milly-la-Forêt, en passant par ses innombrables portraits de ses proches. Qu'il prépare un roman, une pièce ou un film, Cocteau ne cesse de dessiner, pour illustrer un
récit, préparer une mise en scène... A ses yeux, l'écriture et le dessin ne forment qu'une seule activité.
En 1963, dans sa demeure de Milly-la-Forêt, Jean Cocteau est emporté par une crise cardiaque, le jour du décès de son amie Edith Piaf. Après 74 ans d'une course effrénée, celle d'un enfant
surdoué et fragile en quête d'amour, de magie et de poésie face à la fatalité de la mort. En 1947, l'artiste écrivait dans La Difficulté d'être, son texte de la mise à nu : "J'ai de naissance
une cargaison mal arrimée. Je n'ai jamais été d'aplomb. Voilà mon bilan si je me prospecte. Et, dans cet état lamentable, au lieu de garder la chambre, j'ai bourlingué partout. Depuis l'âge de
quinze ans, je n'ai pas arrêté une minute".
Source : Shadow et Arts Magazine.
Clovis Trouille, Remembrance (1930), analyse d'oeuvre
Remembrance met en scène un cardinal dont le manteau pourpre s’ouvre sur des jambes de femme avec porte-jarretelles et bas noirs tandis qu’un académicien reçoit en pleine figure
le pet d’un animal. Au premier plan du tableau, des squelettes de soldats en uniforme (l’un français l’autre allemand) serrent dans leurs bras un lapin au pied d’une croix de bois portant comme
seule inscription 1914-1918, la sale guerre où ils se sont fait tirer « comme des lapins ». Et c’est au prix de furieuses contorsions que la République détourne de sa vue
la pluie de médailles qu’elle déverse du ciel sur un chef militaire.
Le tout dans des couleurs vives – comme la plupart des tableaux de Clovis Trouille – avec des contours précis et un grand soin dans le rendu
des matières. Profondément marqué par la grande guerre, à laquelle il a été contraint de participer, Trouille dénonce ici le sang des faibles répandu pour le prestige de quelques
« élites ». L’artiste dit lui-même de cette œuvre – qui le fera connaître des surréalistes en 1930 – qu’elle est « un exutoire personnel provenant du traumatisme de la guerre
de 14-18 ». Une guerre après laquelle, dit-il, « je n’ai pu peindre comme au temps où j’étais un grand peintre ».
Source : RFI.
Max Ernst, Le jardin de la France (1962), analyse d'oeuvre
"Le jardin de la France", 1962, huile sur bois (144x168) réunit tous les concepts de la femme dans le surréalisme : on y voit la femme dans l'histoire de la peinture, la femme
désir et les relations de la femme avec l'univers.
le corps de la femme apparaît distinctement, il s'agit d'une femme nue que Max Ernst a reprise d'un
tableau de Cabanel (1764). En la mettant dans un contexte différent il lui donne une autre dimension. Alors que Cabanel la faisait flotter dans les airs entourée d'anges, Max
Ernst l'enfouit dans les sédiments terrestres ! Il semble enterrer l'histoire du nu et de ce tableau pompier dans le sol pour en faire émerger une autre vision de la femme. Elle devient comme la
peau du monde, la fertilité du sol, la carte de la France puisque les deux fleuves sont nommés "La Loire " et l'Indre". Max Ernst oppose à la qualité presque photographique du nu, la qualité plus
picturale et inachevée du sol. Sans doute pour montrer que l'image poétique de la femme est plus inscrite dans ce jardin de France où tout pousse et tout fleurit que dans la représentation trop
froide du nu.
Cette femme dont on ne voit qu'un corps morcelé, sans visage est en même temps une représentation du désir, centré sur le sexe, les jambes et un des seins. Ce nu qui avait presque une dimension
divine dans le tableau de Cabanel, devient réel et érotique à cause du bas noir rajouté volontairement. C'est donc une peinture pleine d'humour qui révèle bien les préoccupations de Max Ernst, où
on retrouve le principe du collage, qui consiste à dénaturer quelque chose pour lui donner un autre sens.
Source : Sophie Colmerauer.
Biographie du peintre Clovis Trouille
Camille Clovis Trouille, né le 24 octobre 1889 à La Fère, dans l'Aisne, où ses parents étaient horticulteurs. Trouille est un peintre du XXème siècle au parcours des plus
personnels. Traumatisé par la guerre de 14-18 ce diplômé des Beaux-Arts d’Amiens un "révolté, un anarchiste" vit son art comme "un exutoire personnel", il n’aura de cesse de
dénoncer dans sa peinture « le système de collusion entre l’Armée, l’Eglise et l’Etat ». Il se positionne en tant que contestataire social, anticlérical et antimilitariste.
Et, en toute rigueur, pour ne pas lui-même être amené à transiger avec le système – en l’occurrence le marché de l’art – pour pouvoir vivre de sa peinture, Clovis Trouille a exercé toute sa vie
un métier qui lui a permis de conserver son indépendance. Un métier peu banal : peintre de mannequins de vitrines. Cela consistait "à peindre des carnations, rehausser des maquillages,
dessiner des arcades sourcilières, des grains de beauté, des pointes de sein … ".
Découvert donc en 1930 par Dali et Aragon au Salon des peintres et écrivains révolutionnaires, et très
apprécié par André Breton qui voit en lui "le grand maître du tout est permis" et lui proposera de faire une exposition de ses œuvres dans sa galerie. Clovis Trouille refuse, par crainte
d’être irrémédiablement sous une étiquette et ce n’est qu’en 1962 qu’il fera sa première exposition personnelle.
Cette première "exposition" sera suivie l’année suivante d’une autre "solennelle", cette fois, à la galerie Raymond Cordier à Paris (elle sera interdite aux moins de 18 ans et
aux plus de 70 ans) et, de 1963 à 1970, l’artiste expose régulièrement au salon de Mai. Il aura aussi participé à plusieurs expositions sur le surréalisme, à Paris, en 1960 et 1964, et à Tokyo,
en 1975, 50 ans d’un certain surréalisme.
Ses toiles, aux couleurs vives et contrastées, exaltent l’érotisme et la liberté des mœurs. L’anticléricalisme, l’érotisme, l’attirance pour le monde du music-hall et du cirque, la fascination
pour les mises en scène macabres teintées de voyeurisme et de sadomasochisme sont autant de thèmes chers au peintre surréaliste.
L’humour est aussi souvent présent dans son œuvre, comme lorsqu’il met en scène ses propres funérailles (Mes funérailles), avec des titres-calembours, comme Oh
Calcutta ! Calcutta ! (dont s’inspireront en 1969 les auteurs d’une comédie musicale à Broadway). Ses tableaux se nourrissent aussi de références à la littérature
(Le Bateau ivre ) ou à la peinture classique, par exemple Le rêve d’Alice qui renvoie à l’embarquement pour Cythère de Watteau.
Électron libre du monde de l’art, revendiquant son mépris des marchands et des chapelles, Clovis Trouille n’en fut pas moins
un observateur passionné de la création artistique de son époque. Toujours incisif dans ses critiques, il a su tisser de profondes amitiés avec des artistes qui comme lui faisaient du refus de la
norme une revendication.
Clovis Trouille décéde le 24 septembre 1975 à l'âge de 86 ans à Neuilly-sur-Marne. Beaucoup d’artistes, comme Hervé di
Rosa, Bruno Baloup, Anne Van der Linden ou encore Francis Marshall revendiquent leur filiation artistique à Clovis Trouille.
“Je suis pour l’art noir, pour le caractère Maudit. Je rejette la morale de la société bourgeoise, l’imposture de la religion, la morale de ses curés, son patriocularisme.” Clovis
Trouille.
Biographie de la sculptrice Louise Bourgeois
Louise Bourgeois est née le 25 décembre 1911 à Paris. Elle est la deuxième d’une famille de trois enfants. Ses parents dirigeaient un atelier de restauration de tapisserie
ancienne à Choisy-le-Roi. C’est sa mère qui tient la maison, alors que son père est souvent absent, à la recherche d’antiquités, et courant accessoirement le jupon. Il engage une gouvernante
anglaise qui devient sa maîtresse. La présence de cette maîtresse au cœur de la maison familiale perturbe et traumatise la jeune Louise. C’est l’irruption de la « cruauté », du
trauma chez l’enfant. Une cruauté qui ne s’oublie pas, selon ses mots, et qu’il faudra exorciser pour survivre.
Elle l'exorcisera grâce à l'art. A 11 ans déjà, Louise Bourgeois dessine, souvent des jambes et des pieds. Sa soeur boitait, ce qui l'a marquée. Après son bac, elle fait d'abord des études de
mathémattiques à la Sorbonne (1932-1935). A partir de 1936, elle suit des cours de dessin et fréquente l'Ecole du Louvre et les Beaux-Arts de Paris. Elle se forme auprès de Paul Colin, André
Lhote, Roger Bissière, Gromaire et Fernand Léger. En 1938, elle se marie avec l'historien d'art Robert Godwater et le suit à New York, elle se consacre à la sculpture en 1949 pour mieux exprimer
"le drame d'être un au milieu du monde". En 1951, elle prend la nationalité américaine. En 1993, elle représente les Etats-Unis à la Biennale de Venise.
En 1950, Louise Bourgeois est l'un des premiers artistes à construire des installations. Elle assemble des totems de bois peint, puis des paysages-tanières de latex et de plâtre. Ses objets sont
des propositions autobiographiques : "Je souffre, donc je veux parler", "Pour moi, la sculpture est le corps, mon corps est ma sculpture". Elle se donne le droit de "tout
couper et de tout rapapilloter". Des êtres hybrides faits de bites, de boules et de mamelons se succèdent en divers arrangements, tantôt abstraits, tantôt clairement démonstratifs. Elle
exécute des effigies solitaires (Fillette, 1968; Femme inoffensive, 1971) ou regroupées en famille (La
jointure, 1985). Depuis le début des années quatre-vingt-dix, elle exprime la complexité et la permanence du désir au moyen de sculptures exécutées dans des formats de
plus en plus importants.
La reconnaissance sera venue sur le tard, elle avait plus de 70 ans en 1982 lorsque le Moma lui offre sa première rétrospective. Il s'agit alors d'une grande première: la consécration
d'une artiste féminine. Sa première rétrospective européenne a lieu en Allemagne en 1989. En 1999, elle reçoit un Lion d'or, à la Biennale d'art contemporain de Venise, pour l'ensemble de
son œuvre. Elle était aussi la première artiste contemporaine à avoir été exposée de son vivant au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, en 2002. Jusqu'en 2005, cette artiste a
continué sa thérapie par l'art. "L'art est une garantie de santé mentale", affirmait-elle encore. L'art lui a en tout cas permis de traverser le siècle sans faillir. L'artiste s’est éteinte lundi 31 mai à New York, à l’âge de 98 ans. Elle laisse une œuvre fascinante et poétique qui explore les tourments de l’être dans le huis clos familial.
"Je gueule. Les surréalistes étaient à l'opposé : ils n'admettaient pas que la peine exixtât. Duchamp, la tête sur le billot, n'aurait pas admis qu'il était impuissant." Citation de
Louise Bourgeois.
Source : Larousse.
Biographie du peintre Gaston Chaissac
Gaston Chaissac est né le 13 août 1910 à Avallon (dans l’Yonne) en France d'une famille modeste,son père était cordonnier et sa mère fille de marchands ambulants. Après une enfance bousculée par le divorce de ses parents, puis l’internement de l’un de ses frères, il commence à travailler comme apprenti dès l'âge de
treize ans. après avoir tenté divers petits boulots, Chaissac qui se sent très attiré par l’ésotérisme trouve dans la création une raison d’être.
Gaston Chaissac ne suit aucune formation artistique. En 1937, il rencontre le peintre Otto Freundlich qui le met "sur le chemin de la peinture" et organise en 1938 sa première exposition
personnelle à Paris. Pendant plus de vingt ans, il vit en Vendée, où sa femme est institutrice, et il connaît de grandes difficultés matérielles. A partir de 1961, il est reconnu par le milieu de
l'art parisien et expose régulièrement.
Pendant une première période, Gaston Chaissac réalise des dessins à l'encre de chine : il cerne et cloisonne de traits noirs des figures de bêtes et de personnages. Il peint des "formes
imbriquées" et tente de donner à ses "peintures naïves, dessins d'enfant, toujours plus de simplicité". A partir de 1946, il utilise des objets de tous les jours et des
"empreintes de pelures, d'épluchures et de cassures" dans des séries plus abstraites. Ami de Jean Dubuffet, il participe à une exposition d'Art brut en 1949, mais reste avant tout un
artiste indépendant.
Dans les années cinquante, il peint sur tous supports : toile, carton, pierres, tôle. Il exécute des Totems en planches de bois, des sculptures à partir de souches, compose des collages
à l'aide de papier peint. En 1951, son oeuvre d'écrivain et de chroniqueur est publiée chez Gallimard (il entretient une longue correspondance avec, entre autres, Jean Paulhan et Jean Dubuffet).
En 1959, il revient à la peinture et l'on voit réapparaître "des paysages avec arbres, personnages, maisons et bestioles".
Gaston Chaissac a réalisé une œuvre plastique et littéraire considérable, tant par son abondance que par son étonnante diversité. L’originalité de son art, la liberté qu’il revendique sans cesse,
la vie solitaire qu’il s’imposa, expliquent sans doute l’absence de reconnaissance publique dont il souffrit jusqu’aux dernières années de sa vie. Il est mort le 7 novembre 1964 à La
Roche-sur-Yon en Vendée à l’âge de cinquante-quatre ans. Des artistes reconnus comme Georg Baselitz ou Robert Combas revendiquent son influence directe.
"Sans gestes théâtraux, ni mise en scène phénoménale, il n'y a qu'à parcourir certaines pistes qu'on reconnait bien vite quoique à peine visibles et on revient avec des richesses pour son
pays, pour la terre entière. Ma peinture rustique moderne est encore assez pauvre mais dans une vingtaine d'années j'espère qu'elle sera riche, presque autant que la terre." Citation de
Gaston Chaissac (1946).
Source : Larousse.
Biographie des artistes Christo et Jeanne-Claude
Né le 13 juin en 1935 à Gabrovo en Bulgarie, Christo Vladimirov Javacheff fait ses études aux Beaux-Arts de Sofia de 1952 à 1956. En 1958, il arrive à Paris où il rencontre Jeanne-Claude de
Guillebon, egalement née le 13 juin 1935 à Casablanca au Maroc et décédée le 18 novembre 2009 à New York, des suites d'une rupture d'anévrisme). Ils se marient et font oeuvre commune. Leur
première exposition personnelle a lieu en 1961.
En 1961, Christo et Jeanne-Claude créent des empaquetages sur le port de Cologne. En 1962, ils réalisent à Paris, rue Visconti, un assemblage géant avec 204 barils d'huile et d'essence qu'ils
empilent en geste de protestation contre le mur de Berlin (Rideau de fer). En 1964, ils s'installent à New York et prennent la nationalité américaine. Ils proposent des projets
d'empaquetage poétiques et gigantesques, une "prise de possession de l'espace". Ils souhaitent véhiculer "l'éphémère comme dimension esthétique".
Ils s'approprient, drapent, découpent et colorient monuments ou paysages (ruraux, urbains ou maritimes). Ils leurs donnent "une dimension sculpturale nouvelle" : Running
Fence, Etats-Unis (1972-1976); Surrounded Islands, Biscayne Bay, Etats-Unis (1980-1983); Pont-Neuf, Paris
(1975-1985). Après des années d'acharnement, ils obtiennent enfin en 1994 l'autorisation d'empaqueter le Reichstag de Berlin (réalisation en 1995) : "Tous nos projets sont
des projets de liberté."
Ensemble, ils gèrent leurs travaux de A à Z comme de véritables chefs d'entreprise, leurs installations ont largement contribué à faire sortir l’art des musées. Par nature, elles sont éphémères :
ainsi, les seules traces qui demeurent sont les livres, les photos, les dessins, les collages ou les maquettes, conservées aujourd’hui dans les musées du monde entier et les collections privées
(le Land Art).
"Nos projets sont des oeuvres d'art "in situ", ce ne sont pas des objets transportables. D'habitude une sculpture normale, qu'elle soit classique ou moderne, a son propre espace physique.
D'une certaine façon cet espace appartient à la sculpture car il a été préparé pour elle. Nos projets touchent une sensibilité plus vaste, en fait ils s'approprient ou empruntent des espaces qui
habituellement n'appartiennent pas à la sculpture." Citation de Christo et Jeanne-Claude.
Biographie du peintre Jean Dubuffet
Jean Philippe Arthur Dubuffet dit, Jean Dubuffet est né le 31 juillet
1901 au Havre, il étudie le dessin à l'Académie Julian en 1918, mais abandonne l'art pour travailler dans l'entreprise familiale de négoce de vins. Après un aller et retour entre peinture
(1933-1937) et commerce(1937-1942), il décide de se consacrer exclusivement à son oeuvre picturale en 1942.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1944. La lecture de la Création chez les malades mentaux de Hans Prinzhorn l'amène à théoriser et pratiquer un Art brut, "préféré aux
arts culturels", où la peinture devient thérapie sauvage et involontaire et "dit mieux que les mots". A partir de 1942, Jean Dubuffet pratique une peinture figurative qu'il dit
être "toujours à la limite du barbouillage le plus immonde et misérable et du petit miracle". Il expérimente et remet en permanence en questions formes, matériaux, et techniques. Il
travaille par séries.
Dès 1945, Jean Dubuffet se met en quête d’oeuvres correspondant vraiment à l’idée qu’il se fait d’une création non culturelle, oeuvres de marginaux, d’originaux, de délirants et de spirites, qui
allaient constituer la collection de l’Art Brut. En 1946, dans "Prospectus aux amateurs de tout genre", Jean Dubuffet émet l’hypothèse d’un art praticable spontanément par n’importe qui, un art
qui ne nécessiterait ni don ni instruction, un art qui procéderait de la jubilation et non de l’initiaton.
De 1944 à 1951, il fait scandale en exposant à Paris des toiles où figurent des personnages primitifs aux organes sexuels apparents (série des Corps de dames,
1950-1951). De 1951 à 1962, il fixe et cloisonne des empreintes, use de matériaux divers pour décrire les "paysages du mental" : séries des Pâtes
battues (1952-1953), Tableaux d'assemblage (1955-1956), Sols (1957-1959),
Matériologies (1959-1960). Il imagine ensuite le cycle de l'Hourloupe, son inventaire d'un monde "parallèle au nôtre"
(1962-1974). Il est constitué de peintures ou de gigantesques sculptures-folies en époxy pour lesquelles il cerne de noir des formes bleu, blanc, rouge. Suivront les
Théâtres de mémoire (1975-1979), les Sites (1980-1982), les Mires (1983-1984), et les
Non-lieux (1984).
Dans les années 1960, Dubuffet porte son intérêt vers la sculpture, et commence une importante série de sculptures en polystyrène expansé peintes au vinyle. Il réalise de nombreuses commandes,
notamment un monument pour la Chase Manhattan Bank de New York, le Groupe de quatre arbres, inauguré en 1972, et la Tour au figures, pour l'île
Saint Germain à Issy-les-Moulineaux (1988). En 1963, c'est l’année de la consécration pour Dubuffet, auquel est consacrée une exposition rétrospective au Museum of Modern Art de
New York, visible ensuite à Chicago et Los Angeles.
Artiste iconoclaste, pourfendeur des institutions, Jean Dubuffet a produit une oeuvre abondante et variée, marquée par une remise en question constante. Aujourd'hui, considéré comme l'un des
artistes les plus importants du XXème siècle et comme la figure emblématique de l’art brut, il est mort le 12 mai 1985 à Paris et est enterré à Tubersent dans
le Pas-de-Calais.
"Reste à savoir si une oeuvre d'art requiert d'être bien élucidée ou si elle ne requiert pas plutôt de ne pouvoir l'être, d'être en telle forme qu'elle est puissamment défendue contre toute
entreprise d'élucidation, qu'aucune étude, si minutieusement qu'on la conduise, ne puisse entamer son pouvoir d'intriguer et dépayser, de manière qu'elle demeure (et pour son auteur lui-même
aussi) une question et non une réponse." Jean Dubuffet.
Source : Larousse.
Biographie du peintre Juan Gris
Juan Gris (23 mars 1887/11 mai 1927) est l’un des fondateurs du cubisme, aux côtés de Braque et de Picasso. Ses tableaux se trouvent aujourd’hui dans les plus illustres musées,
bien qu’il ait vécu misérablement la plus grande partie de sa vie. Jamais il ne connut la gloire et la fortune de ses
En 1906, Juan Gris s'installe à Paris, c' est l'événement déterminant de sa courte existence. Il évolue dans les mêmes cercles que Pablo Picasso et Georges Braque. Comme eux, il explore les
principes du cubisme, boulversant les genres traditionnels du portrait et de la nature morte. Au début de ses tentatives cubistes, le sujet du tableau reste fracturé en éléments individuels, sans
perspective traditionnelle, obligeant le spectateur à les regrouper comme s'il s'agissait des pièces d'un puzzle. A l'époque où Gris s'implique dans ce mouvement, le cubisme se scinde en
différentes directions. Certains artistes intègrent de véritables objets dans la toile ou en suggèrent la présence en combinant des formes brisées, sans aucun lien apparent. Gris essaie de
synthétiser ces éléments (cubisme synthétique) en utilisant d'autres fragments, cette fois de couleur.
Dans l'oeuvre de Gris, les ombres donnent forme à des objets, évoquant un espace ou un second plan, tandis que les objets eux-mêmes peuvent être distordus et perdre leur forme naturelle. Ses
nombreuses expérimentations le ramènent aux thèmes de son célèbre compatriote, Diego Velasquez : des natures mortes près d'une fenêtre ouvrant sur un monde, le tout se situant à l'intérieur de la
peinture, mais menant au-delà. Il insère un objet réel, une page de journal, dans un angle qui parait artificiel mais qui établit un rapport direct avec la réalité. La Jalousie
(1914) illustre cette démarche. Le talent de Gris réside dans sa façon de traiter son sujet selon des angles multiples; il joue avec l'espace et utilise pourtant la perspective.
Il combine des corps solides avec des plans d'ombres et superpose ossature, personnalité, chair et vêtements, comme dans Portrait de Josette Gris (1916),
annonçant également des développements artistiques ultérieurs.
Source : 501 artistes.
Biographie du peintre Max Ernst
Max Ernst est né le 2 avril 1891 à Brühl en Allemagne. Il est le fils du peintre Philipp Ernst et de Luise Kop. De 1909 à 1913, il fait des études de philosophie, de psychiatrie
et d'histoire de l'art à l'université de Bonn tout en commençant à pratiquer le dessin. De 1914 à 1917, il est mobilisé dans l'armée allemande. En 1919, il s'engage dans le mouvement Dada puis en
1921 dans le Surréalisme.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1921. En 1922, il s'installe à Paris. En 1933, il est "mis sur la liste des proscrits du régime nazi" mais, considéré comme ressortissant
puis comme espion du Reich allemand, il est interné dans les camps de détention en 1939 et 1940. En 1941, il s'exile aux Etats-Unis. En 1950, il est de retour à Paris et prend la nationalité
française en 1958. En 1954, il reçoit le grand prix de la Biennale de Venise. En 1975, une rétrospective a lieu au Musée Solomon R. Guggenheim à New York et les Galeries Nationales du Grand
Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres.
De 1919 à 1921, Max Ernst effectue des collages d'objets, des dessins et des photomontages. En 1920, il rencontre Paul Eluard dont il illustre les poèmes à partir de 1921, il utilise
l'automatisme et revendique un univers surréaliste où les peintres "se meuvent librement, hardiment et tout naturellement dans la région frontière du monde intérieur et du monde extèrieur qui
[...] possède une complète réalité ("surréaliste") physique et psychique; qu'ils enregistrent ce qu'ils voient et qu'ils interviennent énergiquement là où leurs instincts révolutionnaires les
poussent à le faire".
Dans les années vingt, apparaissent les thèmes d'"hallucinations" qui resteront récurrents dans son oeuvre. En utilisant des effets de coulures, jouant de métamorphoses, il réalise des
paysages oniriques : des "concrétions pleines de vestiges de plantes et d'animaux". Il peint également des formes déchiquetées, des chimères, des femmes fantomatiques... En 1925, il met
au point la technique du frottage, un système de décalque, et réalise une Histoire naturelle. Expérimentateur, il utilise successivement d'autres procédés et réalise papiers collés,
romans-collages et décalcomanies.
A la fin des années trente, il exécute ses premières sculptures, figuratives et emblématiques. Il peint des séries de jungles, de Jardins gobe-avions, de villes. Il écrit : "Tous les
amis se métamorphosent en fleurs. Toutes les fleurs se métamorphosent en oiseaux, tous les oiseaux en montagnes, toutes les montagnes en étoiles. Chaque étoile devient une maison, chaque maison
une ville [...]".
Max Ernst est mort le 1er avril 1976 à Paris à l'âge de 84 ans. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Un musée Max Ernst comprenant 300 œuvres a été ouvert à Brühl, sa ville
natale, en 2005. Max Ernst fut un grand artiste de son époque, parcourant les styles et offrant toujours des oeuvres incontournables. Même s'il ne fut jamais le chef de file d'un des mouvements
auquel il a participé, il participa tout de même fortement à leur création.
Source : Larousse.
Biographie de l'artiste Marcel Duchamp
Marcel Duchamp (28 Juillet 1887 - 2 Octobre 1968) fut un peintre et un sculpteur français naturalisé Américain en 1955. On se rappelera toujours de lui comme l'inventeur d'un
mouvement artistique particulier (plutôt devrai-je parler d'"Attitude": le Ready-Made (que l'on pourrait traduire, si on l'osait, par Le Déjà-Fait ou le Tout-Prêt). Il fut un
artiste qui révolutionna l’art du XXe siècle. Son œuvre évoque et traverse les courants futuriste, cubiste, dada, surréaliste et son rapport au monde l’exclut de tout mouvement.
Duchamp se fait connaitre en frappant déjà très fort en 1913, lors de l’exposition Armory show à New York, où il présente "Nu descendant un escalier". Son oeuvre fait scandale !
Dans cette œuvre, on dénote des tendances cubistes au futurisme de la « photo-dynamique ». Mais très vite, il s'écarte de la peinture. En effet, en 1913, il expose une sculpture appelée
"Roue de bicyclette". Deux objets quotidiens sont assemblés et collés l’un sur l’autre par l’artiste : une roue de bicyclette et un tabouret. Ici rien ne sort de la main de
l’artiste qui réalise un collage tridimensionnel.
Mais le fameux Ready-Made n'apparait qu'en 1914, avec le porte-bouteilles qu'il a acheté au Bazar de l’Hôtel-de-ville. Ready-Made : Objet usuel promu à la dignité d’œuvre d’art
par le simple choix de l’artiste. (définition du Dictionnaire abrégé du Surréalisme, André Breton, 1938). La main de l’artiste n’intervient plus dans l’œuvre, tout savoir-faire ainsi que tout
plaisir esthétique lié à la perception de l’œuvre s‘annulent. La trace du créateur a disparu et se réduit au seul choix et à la nomination de l’objet. Le titre qui, d’abord, nomme le plus
platement l’objet, Porte-bouteilles, prendra de plus en plus d’importance. L’objet sera rebaptisé plus tard "Séchoir à bouteilles" ou "Hérisson".
En 1915 Duchamp s’installe aux Etats-Unis. Poursuivant ses ready-mades il y ajoute des inscriptions comme, sur une pelle à neige, "En prévision du bras cassé". La logique verbale seule
transforme, par l’humour et les jeux de mots, l’objet usuel en autre chose que lui : une précipitation du futur probable. Duchamp insistera de plus en plus sur cette dimension verbale impliquant
par des sous-entendus l’esprit du spectateur dans la perception de l’œuvre. A la délectation de l’œil succède celle de l’esprit.
Par la suite il commenta ce qui résume en partie sa démarche : "Que Richard Mutt ait fabriqué cette fontaine avec ses propres mains, cela n’a aucune importance, il l’a choisie. Il a pris un
article ordinaire de la vie, il l’a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue, il a créé une nouvelle pensée pour cet
objet". Pour lui, le seul critère esthétique ne suffit pas à définir ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas, et l’artiste est celui qui met en question, les poussant toujours de plus en
plus loin, les limites de l’art. La disparition de la fonction d’usage de l’objet par son installation dans un milieu muséal, la nouvelle signification que lui confère son titre suffisent
désormais à qualifier d’œuvre d’art ce qui a priori ne le serait pas. Ce geste radical de Duchamp est à l’origine de la remise en cause du statut de l’art au 20e siècle.
C’est à Paris, en 1919, que Duchamp réalise l’une de ses œuvres les plus provocantes en ajoutant au crayon, sur une reproduction en couleurs de La Joconde de Léonard de Vinci, une paire de moustaches et une barbe. S’attaquant à une image canonique de la peinture
occidentale, Duchamp la tourne en dérision en la transformant en ce qu’il appelle un « Ready-Made assisté », car, outre la barbe et les moustaches, il y appose l’inscription en apparence anodine,
L.H.O.O.Q. En effet, une lecture rapide des lettres donne la phrase à connotation sexuelle : "Elle a chaud au cul". Profanation subtile et grossière à la fois de la
femme célébrée par le chef-d’œuvre de la Renaissance et allusion aussi à l’ambiguïté sexuelle de l’artiste, l’homosexualité de Léonard sur laquelle on a tellement écrit et qui se lit ici dans la
transformation de la célèbre Mona Lisa en hermaphrodite.
Ce qui est remarquable dans l'entreprise de Duchamp, c'est cette capacité qu'il avait à intégrer à son art, non seulement l'objet qu'il mettait en scène, mais également et surtout l'environnement
de cet objet et notamment la réaction du spectateur face à un élément dont l'esthétique est plus que banal. Tout fait partie intégrante de son entreprise artistique. En fait, Tout est Art.
"Somme toute, l’artiste n’est pas seul à accomplir l’acte de création car le spectateur établit le contact de l’oeuvre avec le monde extérieur en déchiffrant et en interprétant ses
qualifications profondes et par là, ajoute sa propre contribution au processus créatif." Marcel Duchamp.
Source : Shadow.
Biographie du peintre Hans Hartung
Hans Hartung est né le 21 septembre 1904 à Leipzig en Allemagne. Il fait ses études à l'Akademie der schönen Künste de Leipzig ( 1924-1926) et aux Beaux-Arts de Munich (1928).
En 1928, il rencontre Anna-Eva Bergman à Paris, jeune artiste d’origine norvégienne venue comme lui étudier en France ; il
se marient en 1929.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1931 à Dresde. Il quitte l'Allemagne pré-hitlérienne en 1932 et voyage en Europe. Il s'installe à Paris en 1935 où il se lie et expose avec Kandinsky, Mondrian,
Miro et Calder. En 1944, il s'engage dans la légion étrangère. Blessé, il doit être amputé de la jambe droite. En 1945, il est naturalisé français. Il reçoit
le grand prix de la Biennale de Venise en 1960.
Pendant une première période, Hans Hartung peint des aquarelles et des toiles abstraites (les Taches d'encre). Après la guerre, il traduit ses cauchemars et sa souffrance dans une peinture
abstraite et lyrique. Il recouvre la toile de hachures et de tourbillons, de "grandes masses brunâtres ou noires" tracées à l'encre de Chine, à l'huile ou au pastel. Il pense que seule une
peinture informelle, un "tachisme" peuvent dire le désespoir de l'après-guerre.
A partir de 1960, il travaille à de grands formats à l'acrylique, tour à tour frappés de touches rapides, grattés ou griffés. Il utilise des branches, des balais, des peignes pour stigmatiser sa
peinture. Hans et Anna-Eva s'installent à Antibes à partir de 1968, dans une maison qu'il a dessinée et conçue. En 1986, il commence une nouvelle série très colorée, et projette coulures et
égouttures sur du papier d'emballage.
Sa femme, Anna-Eva Bergman disparaît en 1987. Hans Hartung est mort le 7 décembre 1989 à Antibes en France.
Selon ses voeux, ses cendres sont dispersées dans la Méditerranée. Il est aujourd'hui considéré comme le chef de file de
"l’Abstraction Lyrique" et comme l'un des plus grands représentants de l'art abstrait. Selon le voeu exprimé dès les années soixante par Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, une Fondation
portant leurs noms a été créé en 1994.
"Par ces grandes formes qui s'évaporent, s'égarent ou s'étalent en larges plages, je tâchais de fixer le dynamisme et la constance des forces qui créent la matière, la lumière, l'esprit.
Sujet qui m'a toujours passionné."
Source : Larousse.
Biographie du peintre Asger Jorn
Asger Jorn est né le 3 mars 1914 à Vejrum au Danemark. De 1936 à 1939 Asger Jorgensen travaille à Paris dans l'Académie contemporaine de Fernand Léger puis assiste Le Corbusier pour la décoration du pavillon des Temps nouveaux de l'Exposition
universelle.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1938 à Copenhague. A partir de 1945, sous le nom d'Asger Jorn, il participe à tous les mouvements d'avant-garde. En 1945, il rejoint les surréalistes
révolutionnaires. En 1948, il est membre fondateur et théoricien de Cobra (Appel,
Constant, Corneille, Dotremont, etc.). De 1951 à 1953, il écrit poésies et essais sur l'art. Fin 1953,
il crée le Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste, puis participe en 1957 à l'Internationale situationniste.
Pendant les années cinquante, Asger Jorn peint des toiles très colorées où il reconstruit "le monde animal et végétal du symbolisme"; "Nous décrire nous-mêmes comme des animaux,
c'est notre seule issue", dit-il. En 1959, il commence à repeindre les tableaux des peintres pompiers trouvés aux puces (séries des Modifications et des
Défigurations).
Pour lui, peindre est d'abord "une bataille qui se termine par un tableau plus ou moins acceptable". Asger Jorn, qui se battait pour une liberté totale de l'art s'est rebellé dans ses
écrits, ses peintures, ses collages, ses sculptures ou ses céramiques contre le sacré. En 1968, il publie un pamphlet-parodie du structuralisme : la Langue verte et la cuite.
Hostile à toute forme d'autorité, l'artiste reçoit en 1964 le prix Guggenheim, assorti d'une belle somme. Ce à quoi il répond par un télégramme outré : « allez en enfer — refuse le prix — ne l'ai
jamais demandé — indécent de mêler un artiste à votre publicité contre sa volonté — je veux la confirmation publique que je n'ai pas participé à votre jeu ridicule »...
Asger Jorn est mort le 1er mai 1973 à Aarhus au Danemark à l'âge de cinquante-neuf ans.. C'est l'artiste danois le plus important du 20e siècle.
"Il n'existe pas des styles différents et ils n'ont jamais existé. Le style est l'expression d'un contenu bourgeois et on appelle goût ses diverses nuances. La distinction absolue, entre
peinture et sculpture n'existe pas. On ne peut isoler aucune expression artistique en se fondant sur sa forme car il s'agit uniquement de moyens différents mis en oeuvre dans un but artistique
commun." Asger Jorn.
Source : Larousse.
Biographie du peintre Georges Mathieu
Georges Mathieu est né le 27 janvier 1921 d'une famille de banquiers à Boulogne-sur-Mer en France. Il fait des études de droit et d'anglais.
Il commence à peindre en 1942. Deux ans plus tard, il abandonne la figuration pour se faire le croisé de l'Abstraction lyrique. S'il entre "en non-figuration", c'est "non par les
chemins formels mais par la voie spirituelle". Sa première exposition personnelle a lieu en 1950 à Paris.
Dans les années cinquante, Georges Mathieu s'affronte à de très grands formats, peint ses fonds sur le sol, projette ses calligraphies dirctement du tube sur la toile suivant un rituel
chorégraphique spectaculaire. André Malraux s'exclame "Enfin, un calligraphe occidental !". Il expose aux États-Unis et au Japon, mais sa consécration officielle n'aura lieu
qu'en 1963, année de la grande rétrospective organisée par le musée d'Art moderne de la Ville de Paris et de la publication de son livre Au-delà du tachisme.
Il réalise de véritables performances dans le monde entier (il peint vingt et une toiles en trois jours à Tokyo en 1957). Ses motifs sont épiques (série des Batailles),
historiques (les Capétiens partout) ou politiques (le Massacre des 269). En 1965, après une période de méditation, il peint ses toiles avec "plus de
rigueur, plus d'austérité". Il fait ensuite passer "ces formes dans la vie" et dessine des plans d'usines, des modèles de haute couture, de mobilier..., pour "que ce langage
devienne un style".
Georges Mathieu vit et travaille à Paris, c'est l’un des plus grands peintres de la seconde moitié du XXe siècle. Il est considéré comme l’un des pères de l’abstraction lyrique, qui
inspira les peintres expressionnistes abstraits américains, notamment Jackson
Pollock. De nombreuses rétrospectives lui ont été consacrées, notamment en 1978 au Grand Palais et plus récemment au Jeu de Paume, en 2003. Il est membre de
l’Académie des Beaux-Arts depuis 1975.
"Prodigieuse aventure que de décider de s'opposer au monde, au monde des formes, au monde des habitudes et des comportements. La réussite tient à la patience, à la volonté, à la chance et
bien sûr au don; non pas seulement celui du "savoir peindre", mais celui d'une certaine... "voyance". Georges Mathieu.
Source : Larousse.
Biographie de l'artiste Jacques Monory
Jacques Monory est né le 25 juin 1934 à Paris. Il suit une formation de graphiste, de peintre, de fresquiste et de décorateur dans une école
d'arts appliqués, puis travaille durant dix ans chez l'éditeur d'art Delpire. La première exposition personnelle de Jacques Monory a lieu à Paris en 1955 à la galerie Kléber. En 1962, il détruit
toutes ses toiles antérieures, puis participe aux expositions du mouvement de la Figuration narrative.
Mark Rothko, Rouge, blanc et brun (1957), analyse d'oeuvre
A partir de 1950, Rothko ne réalise que des toiles offrant, en guise de composition, une superposition de formes rectangulaires. Seules
changent les dimensions de ces rectangles, leurs couleurs et les relations qu'ils entretiennent avec le fond où ils s'inscrivent. La peinture semble ainsi réduite à la répétition d'une formule et
à la mise au point de ses variantes plus ou moins prononcées, mais pour le peintre elle ouvre la possibilité d'une exploration de son art qui est aussi exploration de son propre moi.
Les couleurs, l'importance des formes, leur plus ou moins forte insistance dépendent de ses états subjectifs et élaborent la révélation progressive d'un "non-moi" ayant sans doute plus de prix
que la subjectivité : "Je ne m'exprime pas moi-même dans ma peinture, a-t-il souligné, j'exprime mon non-moi." D'où un certain anonymat de la facture, ou du moins son absence de
personnalisation : la peinture est légère, sans effets expressifs, sans gestualité ou giclures comme pour indiquer un parti pris d'humilité.
Peindre est pour Rothko l'exercice d'une tension vers ce qui le dépasse, ou l'enrobe, que l'on peut nommer, au choix, transcendance ou néant. Si le choix des couleurs qu'il utilise sur chaque
toile est bien lié à des déterminations subjectives, le spectateur ne peut que deviner ou admettre l'existence de ces déterminations, sans les préciser davantage. Ce qu'il accueille par contre,
c'est l'ambiance générale de la toile, ses effets visuels, sa résonance spirituelle.
Le brun, le rouge orangé et le blanc, déposés en plages vaporeuses et comme marbrées, sont ici travaillés de façon à ne susciter aucun effet de profondeur, aucun mouvement sur la surface, qui
affirme une stabilité totale. Aucune forme n'est franche : les bords imprécis communiquent avec de discrets encadrements rouges qui gagnent en intensité en se rapprochant des limites de la toile.
Les "rectangles" paraissent ainsi entrer en communion avec le fond, au lieu d'en être clairement distincts. Ils ne font pas office d'ouverture dans la surface, ni même d'esquisses de volumes,
mais semblent plutôt des voiles pris dans un étagement de couleurs possibles comme s'ils devaient susciter le désir de percevoir ce qu'ils dissimulent : le regard est ainsi invité à définir un en
deçà (ou au-delà) de ce qu'il perçoit.
La modulation de chaque surface, moins soulignée au centre que dans le brun et le blanc, produit un équilibre des valeurs et des masses, tout en confirmant leur aspect nuageux ou impalpable. En
affirmant des échanges locaux de densité dans la couleur, elle confère à cette dernière des potentialités de diffusion au-delà de ses limites visuelles. La surface est simultanément confirmée
come telle puisque les formes sont maintenues dans un plan unique, et susceptible d'investir l'espace du spectateur.
"Mes tableaux, a constaté Rothko, sont souvent décrits comme des façades, et en effet, ce sont des façades." Mais tout façade sous-entend l'espace qu'elle occulte. L'envoûtement
chromatique n'est pas le seul but de Rothko : il doit permettre d'aboutir ailleurs, de dépasser le plaisir visuel pour laisser place à un ravissement spirituel ou mental. De ce point de vue,
l'installation de ses oeuvres dans la chapelle de Houston (qui ne fut inaugurée qu'un an après sa mort) constitua sans doute un aboutissement de sa démarche, en signalant combien l'icône peinte
vaut davantage par ce dont elle évoque la présence secrète que par ce qu'elle montre.
Gustav Klimt, Le Baiser (1907-1908), analyse d'oeuvre
Avant de l'aborder sur cette toile, Klimt a traité le thème du Baiser dans une frise du palais Stoclet à
Bruxelles. Il le transforme radicalement en décidant d'un fond d'or qui supprime toute illusion perspectiviste et enserre les corps auxquels n'est alloué que l'espace de leur étreinte, qui en
paraît plus ardente encore. Que l'enlacement détermine le cadre même de sa représentation, c'est aussi ce que suggère la prairie parsemée de fleurs, qui s'interrompt à droite pour des raisons
plastiques, et non réalistes, comme si elle n'avait d'autre fonction que de souligner la crispation des pieds de la femme.
La couleur éclatante qui auréole les deux corps est l'occasion de déployer des motifs abstraits décoratifs symboliquement distribués en trois zones. A la cape de l'homme sont alloués des
rectangles dont la répartition, en bandes horizontales presque régulières, évoque à peine les plis du tissu. Au centre, les couleurs qui constellent la robe paraissent issues des fleurs du pré.
Quant à la doublure de la cape, elle fait écho, par ses cercles concentriques, au tissu de la robe : le plus intime mêle le masculin et le féminin.
Ce que l'on perçoit des personnages et de leur chair facture l'emphase décorative : visages, bras et mains sont traités avec une minutie figurative synonyme d'intense émotion et du refus de la
moindre mièvrerie. Les yeux clos de la femme, la courbe délicate de son épaule dénudée, le soin apporté à préciser la position de chaque doigt, signalent un abandon total, l'imminence d'un
plaisir dont l'anticipation visuelle est proposée dans la continuité établie entre la chevelure parsemée de fleurs, la doublure et les guirlandes de feuilles dorées qui descendent jusqu'au bas de
la composition, bafouant une fois encore toute prétention réaliste.
Aucun éclairage sur ce Baiser, pas davantage d'allusions à un environnement convenu : la lumière provient des corps eux-mêmes et de leurs vêtements, et l'espace qui les environne est vide. Mais
le fond apparaît constellé d'un semis d'étincelles, sinon d'étoiles, qui indique combien l'univers entier est en connivence avec l'étreinte humaine. En inscrivant sur sa surface les preuves
tangibles d'une sensualité qui se généralise, Klimt rompt avec ce qu'il y a trop souvent de décevant, ou même d'un peu graveleux, dans l'Eros modern style : il n'a nul besoin de dénuder les corps
et, loin de transformer le spectateur en voyeur indiscret, c'est en proposant un spectacle pudique, mais composé de fortes tensions entre les éléments plastiques qui le composent, qu'il suggère
l'omniprésence du Désir.
Au moment où Freud affirme que la libido se symbolise par les voies les plus diverses dans le comportement quotidien, Klimt en fournit la preuve visuelle : l'érotisme, dans le Baiser, investit de
proche en proche, diffusant à partir des visages, la totalité du champ pictural : chaque fleur, chaque motif décoratif lui doit un surplus de sens et de présence. Les contemporains sont également
choqués par le fondateur de la psychanalyse et par le peintre. Pour ce qui nous concerne, la fascination a remplacé l'effroi, et Le Baiser est devenu l'un des emblèmes d'une
modernité qui admet qu'explorer les secrets de l'amour est affaire, non de perversion, mais de connaissance.
|


