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L’objectif d’Israël : mettre Gaza à genoux

La question demeure : qu’attend Israël des Gazaouis une fois qu’ils seront dans la misère totale et dans une insécurité de plus en plus grande face aux représailles militaires israéliennes ?  Jonathan Cook - Counterpunch  / 19 novembre 2008 / Info-palestine
 
Camp de réfugiés de Chatti, hommes et femmes ont fait la queue pour obtenir le précieux "coupon" au guichet avant de recueillir

Le dernier resserrement de l’étranglement israélien sur Gaza - l’arrêt de tout approvisionnement dans la bande de Gaza pendant plus d’une semaine - a eu des conséquences immédiates et désastreuses pour les un million cinq cent mille Palestiniens qui vivent dans la bande de Gaza.

Le refus d’autoriser les carburants a obligé la seule centrale électrique de Gaza à fermer, un arrêt qui a poussé les Palestiniens à sortir dans les rues avec des bougies pour protester, la semaine dernière. On s’attend maintenant à une crise de l’eau et du sanitaire.

Et jeudi, les Nations unies ont annoncé qu’elles n’avaient plus les produits alimentaires de base pour ravitailler 750 000 Gazaouis qui en ont un besoin désespéré. « C’est devenu un blocus contre les Nations unies elles-mêmes » déclare un porte-parole.

Y ajoutant un coup supplémentaire, la banque Hapoalim, une grande banque israélienne, a déclaré qu’elle refusera toute transaction avec Gaza d’ici la fin du mois, imposant de fait un blocus financier sur une économie qui dépend du shekel israélien. D’autres banques envisagent de suivre, coincées par la déclaration d’Israël de septembre 2007 déclarant Gaza « entité ennemie ».

Il y aura probablement bien peu de témoins à la descente de Gaza dans un hiver de ténèbres et de famine. La semaine dernière, tous les journalistes se sont vus refusé l’accès à Gaza, de même qu’un groupe de hauts diplomates européens. Quelques jours plus tôt, de nombreux universitaires et médecins qui devaient participer à une conférence d’évaluation des dommages causés sur la santé mentale des Gazaouis ont été eux aussi refoulés.

 Israël : A Gaza, ce sont tous des Hamas !
Israël prétend que ce qui a provoqué les récentes restrictions des aides et du carburant à Gaza, c’est la violation par le Hamas d’un cessez-le-feu de 5 mois avec ses tirs de roquettes depuis la bande de Gaza. Mais Israël a contribué à la remise en cause de l’accord de cessez-le-feu : pendant que le monde était accaparé par les élections présidentielles américaines, l’armée a envahi Gaza, tuant 6 Palestiniens et provoquant ainsi les tirs de roquettes.

La catastrophe humanitaire qui frappe Gaza est pour une grande part sans lien avec les derniers cycles agressions/représailles entre Hamas et Israël. Il y a près d’un an, Karen Koning AbuZayd, commissaire générale de l’office des Nations unies pour les réfugiés lançait un avertissement : « Gaza est sur le point de devenir le premier territoire à être intentionnellement réduit à un état de misère sordide. »

Elle accusait directement Israël de l’étranglement de Gaza, mais elle visait aussi la communauté internationale comme complice. Les uns et les autres ont commencé à bloquer les aides début 2006, après l’élection du Hamas à la tête de l’Autorité palestinienne (AP).

Les Etats-Unis et l’Europe ont approuvé cette mesure sur le principe qu’il fallait forcer les gens de Gaza à revoir leur soutien au Hamas. La logique se voulait la même que celle qui avait conduit aux sanctions contre l’Iraq sous Saddam Hussein au cours des années 90 : quand les civils de Gaza en auront assez de souffrir, ils se soulèveront contre le Hamas et se donneront de nouveaux dirigeants acceptables par Israël et l’Occident.

Comme l’a dit Mme AbuZayd, ce moment a marqué le début d’une complicité de la communauté internationale avec la politique de punition collective de la bande de Gaza, au mépris de la Quatrième Convention de Genève qui définit de tels traitements à l’égard des civils comme un crime de guerre.

Le blocus a été maintenu depuis, sans relâche, même si le résultat escompté n’a pas été obtenu dans la bande de Gaza plus qu’il ne l’avait été en Iraq. Au contraire, le Hamas a assis son pouvoir et cimenté la séparation physique de la bande de Gaza d’avec la Cisjordanie dominée par le Fatah.

Loin de reconsidérer sa politique, la direction israélienne a réagi en resserrant l’étau toujours plus fort, à un point tel que la société de Gaza est maintenant sur le point de s’effondrer.

Il est vrai pourtant que ce n’est qu’indirectement que la catastrophe qui grandit et qui est provoquée sur Gaza est liée à l’accession du Hamas au pouvoir et aux tirs de roquettes.

Ce qui préoccupe le plus Israël, c’est ce que représente chacun de ces développements, à savoir le refus des habitants de Gaza d’abandonner leur résistance contre l’occupation continue d’Israël. Les deux fournissent à Israël un prétexte pour se dégager des protections auxquelles ont droit les civils de Gaza en vertu du droit international, afin de les soumettre.

A un moment embarrassant, les médias israéliens ont révélé ce week-end que l’un des premiers actes d’Ismail Haniyeh en tant que Premier ministre Hamas, élu en 2006, avait été d’envoyer un message à la Maison-Blanche de Bush en lui proposant une trêve de longue durée en échange de la fin de l’occupation israélienne. Sa proposition n’a même pas été réceptionnée.

Au lieu de cela et d’après le Jerusalem Post, les décideurs israéliens ont cherché à renforcer l’impression qu’ « il était inutile pour Israël de renverser le Hamas car la population (de Gaza) est Hamas ». Sur cette base, la punition collective se trouve justifiée puisqu’il n’y a pas de vrais civils à Gaza. Israël est en guerre avec chaque homme, chaque femme et chaque enfant, individuellement.

Montrant à quel point cette opinion est partagée, le cabinet a débattu la semaine dernière d’une nouvelle stratégie pour rayer des villages gazouis dans une tentative pour arrêter les tirs de roquettes, une redite des tactiques d’ailleurs remises en question qu’Israël a utilisées au Sud Liban dans sa guerre de 2006. Les habitants seraient avertis avant le début des bombardements aveugles.

En réalité, la volonté d’Israël de boucler la bande de Gaza et d’en terroriser la population civile est même antérieure à la victoire électorale du Hamas. On peut la situer à l’époque du désengagement d’Ariel Sharon en été 2005, quand le règne du Fatah sur l’Autorité palestinienne était incontesté.

La façon dont Mr Sharon envisageait l’isolement de Gaza fut révélée peu après le retrait, en décembre 2005, quand ses officiels ont proposé, pour la première fois, de couper l’électricité à la bande de Gaza.

Cette politique n’a pas été appliquée, soulignent les médias locaux à l’époque, à la fois parce que ces collaborateurs avaient pensé que cette violation de la loi internationale serait dénoncée par les autres nations et qu’il était à craindre qu’une telle démarche entamerait les chances du Fatah de gagner les élections, le mois d’après.

Avec le résultat du vote, toutefois, Israël s’est trouvé le prétexte dont il avait besoin pour commencer à dégager sa responsabilité à l’égard de sa population civile. Il a déplacé sa relation avec Gaza d’une situation d’occupant à une situation de partie ennemie en guerre. Une politique de punition collective qui était manifestement illégale à la fin 2005 devenait alors une procédure d’exploitation standard d’Israël.

Les discussions - de plus en plus véhémentes de la part des officiels, culminant en février avec l’observation tristement célèbre du vice-ministre de la Défense Matan Vailnai à propos de créer une « shoah », ou un Holocauste, à Gaza - sont allées de pair avec les mesures prises par Israël. L’armée a bombardé la centrale électrique de Gaza en juin 2006 et depuis, a progressivement coupé les fournitures de carburant. En janvier, Mr Vilnai a fait valoir qu’Israël devait se dégager de « toute responsabilité » à l’égard de Gaza et deux mois plus tard, Israël signait un accord avec l’Egypte pour que celle-cie construise une centrale électrique pour Gaza dans le Sinaï.

Toutes ces initiatives sont conçues avec le même objectif en tête : convaincre le monde que l’occupation de la bande de Gaza par Israël est terminée, et qu’Israël est en droit alors d’ignorer les lois de l’occupation et d’utiliser une force implacable contre Gaza.

Les ministres ont fait la queue pour exprimer les uns après les autres de tels sentiments. Ehud Olmert, par exemple, a déclaré que les Gazaouis ne devaient pas être autorisés à « vivre une vie normale » ; Avi Dichter a estimé qu’une punition devait être infligée « quel qu’en soit le coût pour les Palestiniens » ; Meir Sheetrit a soutenu qu’Israël devait « décider d’un quartier à Gaza et le raser » - politique qui fut discutée par les ministres la semaine dernière.

Conjointement, Israël a fermé relativement les yeux sur le commerce clandestin croissant avec les tunnels de Gaza vers l’Egypte. La qualité de vie matérielle des Gazaouis retombe plus lourdement sur les épaules égyptiennes de jour en jour.

La question demeure : qu’attend Israël des Gazaouis une fois qu’ils seront dans la misère totale et dans une insécurité de plus en plus grande face aux représailles militaires israéliennes ?

Eyal Sarraj, directeur du Programme de santé mentale de la communauté de Gaza, a déclaré cette année que l’objectif à long terme d’Israël était d’obliger l’Egypte à cesser ses contrôles le long de sa courte frontière avec la bande de Gaza.

Après que la frontière sera ouverte, a-t-il prévenu : «  Attendre l’exode  ».


Islam : L’ennemi fabriqué

« Viendra un temps où les responsables des crimes contre l’humanité, qui ont accompagné le conflit israélo-palestinien et d’autres conflits de notre époque, seront appelés à répondre devant les tribunaux des hommes ou de l’histoire, avec leurs complices et tous ceux qui, en Occident, ont choisi le silence, la lâcheté et l’opportunisme ». (*)
Un devoir de vérité

Mondialisation.ca, Le 16 novembre 2008
Les va-t-en guerre se sont appuyés sur des attentats isolés, aux origines mal élucidées, pour incriminer tout à la fois, Oussama Ben Laden, Saddam Hussein, les Palestiniens, les « musulmans » en général, et influer sur notre perception [1].

Pour justifier leurs guerres unilatérales, et légaliser, sous le masque d’une « guerre mondiale au terrorisme », leurs violations des droits des peuples et du droit international, il leur fallait commencer par mentir et fabriquer un ennemi.

Est-il besoin de rappeler que, avant d’envahir l’Irak en 2003, l’administration Bush avait présenté de faux documents de façon à accréditer la possession d’« armes de destruction massive » par le Président Saddam Hussein et une responsabilité irakienne dans les attentats du 11 septembre 2001 ?

Cette falsification monstrueuse n’était que l’un des innombrables mensonges répandus pour entraîner le monde entier dans des guerres criminelles à répétition.

Depuis 2005, grâce à l’enquête confiée par le Conseil de l’Europe au sénateur suisse Dick Marty [2], nous savons comment, dans le cadre de cette prétendue « guerre au terrorisme », les officiers de la CIA et du FBI ont fait transférer dans des prisons secrètes, pour y être sauvagement torturés, nombre de musulmans kidnappés au hasard. Nous savons également comment des pays européens ont étroitement participé à ces activités, contraires aux principes fondamentaux dont ils se réclament. [3]

Mais nous sommes très loin d’imaginer toute la mesure dans laquelle ces pouvoirs se servent de journalistes et d’agences de « relations publiques » [4] pour répandre la peur de façon à imposer une fausse perception des choses.

« On est dans un moment épouvantable. Le milieu intellectuel parisien est dans une dérive parareligieuse, dans une islamophobie latente ( Il n’y a aucune raison d’avoir peur de l’Islam » répondait l’intellectuel français Emmanuel Todd au journaliste qui lui demandait s’il n’avait pas "peur des musulmans". [5]

Pourtant, en Occident, cette peur des musulmans est bien là, palpable.

Il a suffi aux idéologues, adeptes du « choc des civilisations », d’associer l’Islam au « terrorisme », le port du voile au « fanatisme », pour distiller insidieusement un sentiment d’insécurité et créer un profond rejet contre cette religion. On doit malheureusement constater que la majorité des grands médias ont fait largement écho à leurs arguments racistes – délibérément ou par ignorance – contribuant ainsi à amplifier cette vaste intoxication.

Nous en sommes les témoins directs. Des journalistes, des journaux à grand tirage, des présentateurs télévisés, ont abusé de manière stupéfiante de leur position.

Chacun de nous peut se souvenir de tel ou tel commentateur, ou envoyé spécial en Irak ou en Palestine, qualifiant de « terroristes » ceux qui se dressaient contre l’envahisseur, alors qu’il s’agissait de résistants. Ou encore de tel autre journaliste faisant systématiquement passer des idées grotesques, sur le voile et la « charia » (la loi musulmane), pour entretenir l’impression que les musulmans « ne sont pas comme nous », n’acceptent pas « nos » valeurs, saisissant toute occasion de les associer au « fanatisme », à l’« arriération », à l’« oppression » de la femme [6].

Sans ces féroces campagnes de dénigrement de la culture et des traditions de la société arabe, le développement des préjugés islamophobes n’aurait jamais pu prendre une telle dimension. Et l’indifférence des gens demeurer si totale, malgré les images insoutenables de détenus torturés, ou de civils déchiquetés par les bombardements, en Palestine, au Liban, en Irak, en Afghanistan.

Il faut appeler les choses par leur nom. Ce qui nous a été présenté comme une guerre pour « restaurer la loi et la sécurité », était ni plus ni moins une guerre islamophobe. Une guerre totalement instrumentalisée par des intervenants dévoués à la défense des intérêts d’Israël au Moyen Orient avant tout.

Dans des pays comme la Suisse ou l’Italie, par exemple, où l’on n’avait jamais connu d’attentats pouvant être attribués à des Arabes ou à des musulmans, des personnes qui n’avaient rien à se reprocher, ont été ciblées en raison de leur appartenance religieuse. Et – dans tous les milieux sociopolitiques – dès les années 2000 surtout, les gens ont commencé à regarder avec de plus en plus de méfiance les femmes portant le foulard et les fidèles qui fréquentaient les mosquées.

Cette criminalisation, consciente ou non, d’une population importante (l’Union européenne compte 15 millions de musulmans), avait une motivation éminemment politique. Elle devait préparer l’opinion publique à adhérer à la guerre ou à l’accepter.

La criminalisation des musulmans a servi à cela : à conditionner l’opinion pour que nul n’aille s’apitoyer sur les souffrances que nos « défenseurs des libertés » leur faisaient endurer ; et aussi à préserver les criminels étatiques de toute critique.

Cette politique cynique, à laquelle des journalistes asservis ont indéniablement contribué, porte un nom : « stratégie de la tension ». Une stratégie qui consiste à cibler et dénigrer des citoyens ordinaires, -ici des musulmans respectueux des lois- à les accuser de choses absurdes et, le moment venu, à leur attribuer les provocations ou les attentats que des agents clandestins étatiques ont préparés à cet effet, ou – et cela se produit plus souvent qu’on ne l’imagine- ont parfois eux-mêmes perpétrés.

Ce n’est pas une fiction. Dans un ouvrage intitulé « Les armées secrètes de l’OTAN » [7], l’historien suisse Daniele Ganser a montré comment, durant la « guerre froide », les Etats-Unis, et leurs alliés européens, se sont servis d’un réseau clandestin formé par l’OTAN, en association avec la CIA, appelé « Gladio », pour fomenter des attentats meurtriers et ensuite les attribuer aux communistes. Vincenzo Vinciguerra, qui a participé à la préparation de ces attentats à la bombe contre des innocents, a confirmé par la suite que le but recherché par ces massacres était de provoquer la panique et de pousser les autorités vers un régime autoritaire.

Aujourd’hui, les mêmes manipulations ne sont-elles pas toujours à l’œuvre, à notre insu ?


Mais, cette fois, les manipulateurs étatiques ne ciblent plus les gauchistes et les communistes, comme durant les années 60-80 ; ils ciblent les Arabes et les musulmans. Chaque attentat est tout de suite mis à profit par ces « spécialistes du terrorisme », appelés à les commenter et les expliquer, pour relancer le débat et accroître la méfiance vis-à-vis de l’Islam.

Il n’y a, en général, aucune réaction pour contester l’arbitraire et les falsifications. [8] Il est donc d’autant plus aisé, de répandre des fausses nouvelles, que les médias traditionnels ne montrent aucune propension à aller enquêter, comme il se devrait, pour vérifier si les versions officielles sont plausibles. [9]

Les citoyens, pris dans la désinformation, sont loin de s’imaginer que leurs autorités, aidées par le quatrième pouvoir, pourraient tremper, de près ou de loin, dans la mise en place de stratégies contraires à leur intérêt, et on les comprend.

Mais, aujourd’hui, quelque chose est en train de changer : les victimes commencent à sortir la tête de l’eau et à parler [10]. Et, pour certaines d’entre elles, à exprimer leur amertume vis-à-vis de ces journalistes et journaux qui ont été à l’origine de leur descente aux enfers. Il est urgent de les écouter. Et de lever le voile sur cette sombre période.

Les deux exemples qui suivent concernent des personnalités très différentes, mais qui ont une chose en commun : ils ont été l’objet d’accusations, aussi infondées que dévastatrices, de la part de médias clairement orientés.

Les mensonges qui tuent : le cas de Youssef Nada.

M. Nada, ingénieur et banquier italien d’origine égyptienne, est une des victimes de ces campagnes médiatiques mensongères. Suite aux accusations d’une poignée de journalistes, il a été inscrit sur la liste noire de l’ONU. Bien que son innocence ait été confirmée par les tribunaux, ses biens restent gelés et il demeure, depuis 2001, assigné à résidence dans la minuscule enclave de Campione d’Italia. [11]

Il dirigeait une société bancaire florissante dans la ville suisse de Lugano, quand un article de Guido Olimpio, paru sur le « Corriere della Sera » [12], l’a brutalement frappé. Le journaliste l’accusait alors de financer le groupe palestinien du Hamas. Groupe que l’occupant israélien considérait comme « terroriste » et visait à faire cataloguer comme tel par les pays occidentaux.

C’était en 1997. Ce qui confirme que la stratégie de criminalisation était déjà à l’œuvre bien avant les attentats du 11 septembre 2001. L’accusation formulée contre lui a eu des conséquences terriblement lourdes. Bien qu’elle ait été dûment démentie, elle a été reprise sans vérification par d’autres journalistes et a ainsi continué à faire les grands titres de la presse internationale [13]. Pour finir par se transformer en « vérité ».

Le doute et l’opprobre jeté sur M. Nada a permis, dans un premier temps, de stigmatiser cet éminent opposant politique au régime dictatorial du Président Moubarak (un allié des Etats-Unis et d’Israël) et de discréditer l’association des Frères musulmans, dont M. Nada est également une des personnalités les plus respectées.

Dans un second temps, les accusations du "Corriere della Sera" ont permis au FBI de désigner M. Nada lors des attentats du 11 septembre et de faire de lui un coupable.

C’est ainsi que, le 7 novembre 2001, M. Nada a sursauté en entendant le Président des Etats Unis en personne dire, sur une chaîne télévisée, que la société Al Taqwa, qu’il dirigeait à Lugano, était le principal pourvoyeur de fonds d’Oussama Ben Laden.

Sur quelle preuve M. Bush pouvait-il bien fonder une si énorme accusation ? Le seul élément jamais présenté par le FBI, aux autorités suisses, reste l’article du « Corriere della Sera » écrit par Guido Olimpio en 1997.

Ce qui aurait pu ne rester qu’une accusation sans fondement, était devenu une « vérité » officielle planétaire permettant de légitimer des sanctions illégales et des guerres.

Cette fois ce n’était pas seulement avec le mouvement palestinien Hamas que M. Nada était accolé ; mais avec le « diable » en personne ! Oussama Ben Laden ! Cette fois M. Nada était brûlé.

Comme il le dit lui-même, dans le film que lui a consacré Andrea Canetta : « Calomnier quelqu’un de mon âge revient à le tuer avant qu’il ne meure. Ils m’ont assassiné. Le fait que je me tienne debout devant vous ne signifie pas que je sois vivant, Ils m’ont tué, moi et ma famille, ma réputation. Ils ont détruit tout ce que j’avais construit au cours de ma vie » [14].

Basé sur un pur mensonge, un engrenage kafkaïen venait de se mettre en place. Depuis sept ans, M. Nada en est réduit à se battre devant les tribunaux et devant l’opinion publique pour que justice lui soit enfin rendue.

Le mal est fait. Même si, demain, justice lui était rendue, sa vie a déjà été massacrée.

Le cas de Kassim Britel.


C’est une autre histoire horrifiante. Elle concerne cet Italien d’origine marocaine, victime, comme des milliers d’autres musulmans, d’une de ces opérations criminelle de la CIA appelées « extraordinary renditions ».

M. Kassim Britel voyageait au Pakistan quand, le 10 mars 2002, il a été enlevé par les Services de renseignement pakistanais. Il a été torturé, puis « vendu », oui vendu, aux officiers du FBI et de la CIA [15]. Ces derniers l’ont torturé à leur tour et lui ont promis argent et liberté s’il acceptait d’espionner des musulmans. Comme il a refusé, ils l’ont livré aux Services secrets marocains afin qu’ils l’interrogent et le torturent encore. Il est toujours dans leurs mains à ce jour, alors même que son innocence a été démontrée, et malgré la pressante invitation au gouvernement italien, contenue dans la Résolution du Parlement européen sur les « vols secrets de la CIA », pour que l’Italie « fasse des pas concrets pour sa libération ».

Ici aussi, il y a une famille traumatisée par la manière avec laquelle on a transformé un mari, un fils, un frère, en « criminel ». Ici aussi ce sont les accusations, jamais prouvées, d’un journaliste qui ont été, semble-t-il à l’origine de la diabolisation de la victime.

Son épouse raconte son calvaire d’une voix douce. « Mon époux a été calomnié d’une manière très lourde par quelques journalistes qui, semble-t-il, diffusent ce que veulent les services secrets ». Raison pour laquelle Mme Britel a ouvert une action en justice contre les quotidiens italiens, « Il Corriere della Sera » et « Libero ».

« Déjà en 2001, quatre mois avant que mon mari ne soit enlevé illégalement et remis à des agents de la CIA au Pakistan, Guido Olimpio avait écrit un article dans lequel il le présentait comme un dangereux terroriste. J’étais très en colère. Il disait qu’il était toujours en voyage, qu’il était membre d’un réseau terroriste islamiste, qu’il fournissait de faux papiers d’identité, que nos noms et adresses avaient été trouvés à Kaboul, et que, sous couvert d’une vie anonyme et tranquille, il disparaissait périodiquement. Il parlait de passeports vierges volés dans notre ville, de sa prétendue appartenance au « Groupe salafiste pour la prédication et le combat, associé à Oussama Ben Laden ».

Ce n’étaient que de pures inventions ! Mon mari menait une vie normale. Comment un journal peut-il accepter que l’on invente des choses pareilles dans un pays civilisé ? Je n’arrivais plus à raisonner. Je me disais : regarde ce qu’ils nous ont fait ! Tout cela a détruit notre famille. Ils veulent m’incriminer moi aussi parce que je défends mon époux, parce que je porte le foulard.

Le journaliste ne présentait jamais aucune preuve justifiant le contenu de ses dénonciations. En le lisant, je me disais qu’il ne parlait pas de mon mari, que tout cela était absurde, qu’il parlait de quelqu’un d’autre, qu’il inventait ces choses pour faire le portrait de celui qu’il voulait faire passer pour un « terroriste dormant ». Tout ce qu’il disait n’avait rien à voir avec la réalité. C’étaient des affirmations gratuites qui ne reposaient sur rien. Malgré cela, il est revenu à la charge plusieurs fois pour dire des mensonges présentés comme de graves révélations mettant en cause mon mari.

C’est dans le contexte délétère de la radicalisation raciste ayant suivi les attentats du 11 septembre, que le « Corriere della Sera », a édité à 2 millions d’exemplaires le pamphlet islamophobe d’Oriana Fallaci « La rabbia e l’orgoglio » [16] [La Rage et l’Orgueil] qui qualifiait l’Islam de « nazifascisme » et appelait à la haine contre les musulmans.

Je me rappelle que, le 19 novembre 2001, j’ai trouvé une foule de journalistes qui m’attendaient sur mon lieu de travail. Et que, les 20 et 21 novembre, il y a eu une dizaine d’articles. Les plus lourdement accusateurs étaient ceux du "Corriere della Sera". [17]. Les gens que je rencontrais me disaient « Tu as lu le titre du Corriere ? ».

Quand je lisais ces choses, cela me tombait dessus. Même si je voulais réagir, je ne pouvais pas. J’étais paralysée. J’ai dû m’enfuir de ma maison.

J’ai écrit au Président, aux ministres. Depuis des années je demande justice. Le fait qu’il soit innocent n’a pas servi à rendre à Kassim sa liberté et à lui restituer son honneur. Sa vie est en péril. Je suis fatiguée et indignée. Nous sommes des citoyens sans droits.

Quand, suite à ma dénonciation pénale, Guido Olimpio a été convoqué et interrogé par la police judiciaire il a déclaré : « Les informations proviennent de divers organes du Renseignement italien et aussi étrangers par voie confidentielle ». Etait-ce une manière de ne pas avouer qu’il avait menti du début à la fin ?

Je tiens à souligner que le rôle du gouvernement Berlusconi et de ses Services secrets – alors dirigés alors par Franco Frattini [18] - est fondamental dans cette affaire. Ils étaient au courant de l’arrestation de mon mari et de ce qu’il subissait, et ils ne me le disaient pas. Les polices collaboraient avec les services de la CIA, du Pakistan et du Maroc, en dehors du cadre légal, comme cela est démontré dans les actes de l’enquête italienne, fermée et archivée en septembre 2006 ».

Pourquoi ont-ils agi ainsi ?


« Il y a un épisode qui l’explique. Nous étions en 2001, peu avant la réunion du G8 à Gênes. Les médias étaient remplis d’articles qui annonçaient que des groupes « extrémistes islamistes » se préparaient à aller au G 8 verser « du sang infesté » sur les forces de l’ordre. C’est durant cette période que la police a mis sous enquête tous les musulmans qui fréquentaient les mosquées et a perquisitionné leurs foyers. En juillet, quand notre maison a été perquisitionnée, Kassim était en voyage au Pakistan. C’est précisément à cette époque que les titres des journaux mettaient l’Italie en émoi en annonçant la probabilité d’attaques imminentes d’ « islamistes ». A noter que, lors de la réunion du G 8, il n’y a eu aucune attaque organisée par des musulmans. En revanche, il y a eu des provocations et des violences policières.

Deux mois après la fermeture du dossier de Kassim par la justice, le 29 septembre 2006, le « Corriere della Sera », qui avait toujours fait ses grands titres pour diffamer mon mari et l’associer au terrorisme international, aux Talibans et à Ben Laden, en l’appelant de manière impropre « El Kassim », a publié une petite note en page 13, sous le titre : « Terrorisme, accusations inconsistantes pour Britel ». Ainsi, celui que Guido Olimpio avait toujours appelé « El Kassim » était devenu soudain « Britel » au moment où il était innocenté.

Les lecteurs n’allaient pas forcément faire le lien entre le « terroriste » fabriqué de toutes pièces, et l’honnête homme qui avait injustement subi presque sept années d’emprisonnement et de tortures. Il ne sera pas rappelé non plus que « Britel » avait été victime des abominables « renditions » et détentions secrètes illégales de la CIA, condamnées par le Conseil de l’Europe et le Parlement européen. Ceci pour dire, en conclusion, que les lecteurs auront été désinformés jusqu’au bout ».

Comme cela apparaît, au travers de ces deux cas révoltants, la priorité des médias en général, n’est pas d’attirer l’attention du monde sur les souffrances provoquées par les violations du droit international perpétrées par des grandes puissances, dans le cadre de cette « lutte contre le terrorisme ». La priorité est d’inonder les gens et les librairies d’articles et d’ouvrages évoquant un lien entre « islam et terrorisme ». La priorité est d’entretenir la peur du « terrorisme religieux », cette « hydre menaçante à cent têtes » qui « étend sa progression jusqu’au seuil de nos portes » [19].

La déshumanisation des Arabes est une arme de guerre. Une arme, que l’Etat colonial israélien a toujours utilisée avec un évident succès. C’est ainsi que les Palestiniens ont toujours été maltraités et présentés abusivement par leur occupant comme « terroristes ».

Pendant ce temps, derrière le paravent de prétendus « processus de paix », Israël a réussi à entraîner « l’Occident » dans sa confrontation militaire avec le monde arabe et à lui faire adopter son système « orwellien » de surveillance des populations. Transformant ainsi son conflit régional en confrontation globale, en une guerre mondiale contre l’Islam.

Cet état de guerre qui humilie et ensanglante les peuples du Moyen Orient depuis 60 ans, et qui maintient l’opinion publique sous le règne du mensonge, a déjà trop duré.

« Aujourd’hui, alors que notre planète est « minée » par d’innombrables conflits entre groupes, entre Etats, et même entre sphères culturelles, nous avons un énorme besoin d’un « journalisme de la paix » qui nous offre des clés pour comprendre ces conflits, qui nous donne des éléments pour saisir les contradictions qu’ils reflètent, et qui nous propose des pistes de réflexion sur la manière de les transformer et transcender . » [20]

Pour contribuer à mettre un terme à ces cruels conflits, il ne faut pas avoir peur de dire la vérité, même si cela n’a rien d’agréable. Car il est encore bien plus désagréable de découvrir les souffrances endurées par des innocents injustement condamnés.

Mais, comme le dit si justement le journaliste Alan Hart :
« L’enfer, c’est lorsque vous comprenez que votre vie touche à son terme et que vous n’avez pas mobilisé tous vos talents et toutes vos ressources autant que vous auriez pu le faire afin de changer quelque chose - c’est-à-dire que l’enfer, c’est le moment où vous prenez conscience, après mûre réflexion, que vous avez gâché votre vie. Le Paradis, en revanche, c’est la prise en considération de l’approche de votre mort sans crainte, parce que vous savez qu’au contraire, vous avez fait de votre mieux pour changer, aussi peu que ce soit, le monde. » [21]



(*) ISM-Italia


[1] Sur les « stratégies du mensonge dans la politique contemporaine » et le fonctionnement de la falsification lire l’ouvrage : « La fabbrica del falso » de Vladimiro Giacchè, Derive-Approdi, 2008.

[2] Voir :
« Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des Etats membres du Conseil de l’Europe », Rapport de M. Dick Marty à la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 12 juin 2006.
« Détentions secrètes et transferts illégaux de détenus impliquant des Etats membres du Conseil de l’Europe : 2e rapport », Rapport de M. Dick Marty à la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 7 juin 2007.
Le Parlement européen a, de son côté, réalisé une enquête approfondie instituant le TDIP (Temporary Committee on the alleged use of European countries by the CIA for the transportation and illegal detention of prisoners).

[3] Voir : « Jean-Claude Paye : Les lois antiterroristes. Un acte constitutif de l’Empire », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 12 septembre 2007.

[4] Voir à ce sujet :
« Opération Balkans : publicité pour la guerre et la mort », par Jörg Becker et Mira Beham, Horizons et débats, 11 novembre 2008.
« Comment la machinerie croate des relations publiques s’est mise à polariser l’opinion avec l’aide de « Ruder Finn » », extraits du livre « Kriegstrommeln – Medien, Krieg und Politik » de Mira Beham, Horizons et débats, 12 novembre 2008.

[5] Voir : « Le milieu intellectuel parisien est dans une islamophobie latente », Interview d’Emmanuel Todd, El Watan. 3 novembre 2008.

[6] Les partisans de la manière forte avec les Arabes et les musulmans, les plus remarqués : Daniel Pipes aux Etats-Unis ; le « philosophe » Alain Finkielkraut, un peu l’équivalent français d’Oriana Fallaci ; le journaliste Alexandre Adler.
A la veille de la guerre contre l’Afghanistan, ce dernier prétendait qu’elle aurait le mérite de libérer les femmes de la Burka. Dans le Figaro, du 8 novembre 2008, il a fait l’éloge de Bush, cet allié docile d’Israël pour que l’on n’oublie pas d’« instruire à décharge et de reconnaître le grand courage du président à l’heure de l’épreuve, sa détermination à porter le fer au cœur du dispositif ennemi, en Irak » ; voir cet article.

[7] Voir : http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php ?products_id=65

Voir également : « Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 29 décembre 2006.

[8] En pleine offensive israélienne, Guido Olimpio a lancé de très graves accusations pour criminaliser, à nos yeux, l’adversaire d’Israël, donc celui qui se trouvait du côté des agressés. Voir : « Droga e viagra, così si finanzia Hezbollah », par Guido Olimpio,Corriere della Sera, 22 juillet 2006.

[9] Les journalistes qui remettent en question l’histoire officielle et en démontrent les points faibles sont ostracisés, contraints de s’exiler, comme Christopher Bollyn, journaliste d’investigation pour American Free Press ; ou poursuivis en justice, comme l’Allemand Jürgen Cain Külbel.

[10] Voir : « Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 18 juillet 2008.

Moazzam Begg, autre rescapé de Guantanamo raconte son histoire dans le livre : « Enemy Combatant : The Terrifying True Story of a Briton in Guantanamo ».

[11] Voir :
« L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 13 juin 2008.
« Youssef Nada : Pour nous le mal est déjà fait », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 30 octobre 2008.

[12] Chef de la rubrique étrangère du "Corriere della Sera" dès 1987. Correspondant en Israël de 1999 à 2003.
Voir l’article : « Hamas perde metà del tesoro », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 20 octobre 1997.
Voir également la notice concernant M. Olimpio, sur le Site officiel de Youssef Nada.

[13] Richard Labévière, journaliste de radio RFI, a repris les accusations d’Olimpio. Dans le documentaire, diffusé par la télévision suisse TSR, il associait M. Nada à l’attentat de Luxor en 1998,où 60 touristes, en majorité suisses, avaient été tués. Ce qui a conduit la Procureure suisse de l’époque, Mme Carla Del Ponte, à interroger M. Nada. Elle a conclu que les informations selon lesquelles Al Taqwa – la société de M. Nada - finançait le terrorisme, émanaient « des services », et que « M. Nada et sa société, n’avaient rien à voir avec le terrorisme » (Corriere del Ticino, 2 juin 2006). Les journalistes en question ont néanmoins continué, durant des années, à écrire des livres et des articles qui faisaient de M. Nada un suspect

[14] Voir sous ce lien, le film d’Andrea Canetta sur Youssef Nada - intitulé « Nel nome dell’uomo » - diffusé le 2 novembre 2008 par la Télévision suisse italienne : http://www.rtsi.ch/trasm/storie/welcome.cfm ?idg=0&ids=0&idc=35702

[15] Pour plus d’information sur M. Britel, voir :
http://www.giustiziaperkassim.net

Voir également :
« Résolution du Parlement européen sur l’utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers (2006/2002(INI)) ».
Rapport 2008 d’Amnesty International Italie .
« Italy : A briefing to the UN Committee against Torture », Amnesty International, 2007.
« Pakistan. Les droits humains bafoués au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Synthèse », Amnesty International, 29 septembre 2006.

[16] Un article d’Oriana Fallaci, publié le 25 septembre 2001 par le “Corriere della Sera”, où elle réagissait aux attentats du 11 septembre, et qui deviendra un livre : « La Rage et l’Orgueil », Plon, 2002 (éd. italienne : 2001) ; « La Force de la Raison », Rocher, 2004.
Les allégations islamophobes d’Oriana Fallaci ont été démontées par divers auteurs :
Stefano Allievi : « Niente di personale, signora Fallaci », Aliberti, 2006.
Stefano Allievi : « Ragioni senza forza forze senza ragione : una risposta a Oriana Fallaci », EMI, 2004.
Giancarlo Bosetti : « Cattiva maestra », Marsilio, 2005.

[17] L’article que Mme Britel considère comme le plus cruel : « Da Bergamo a Kabul : così il marocchino reclutava militanti », 20 novembre 2001 - Corriere della Sera. Olimpio Guido.

Autres articles :
« El Kassim, l’ insospettabile di Bergamo che arruolava volontari della Jihad Guido Olimpio », Pubblicato il 20 novembre 2001 - Corriere della Sera.
Le 22 mai 2003, alors que M. Britel était de nouveau soumis à torture et détenu en secret, M. Olimpio le disait impliqué dans le massacre de Casablanca ; voir : « Il mistero di El Kassim, da Bergamo a Casablanca (via Kabul) », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 22 mai 2003.
Mme Britel suppose que M. Olimpio connaissait une note « réservée » des Services qui précisait que les autorités du Maroc ne le considéraient pas comme impliqué dans cet attentat.

[18] L’actuel Ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, était « Ministre en charge de la coordination des Services d’information et sécurité » du 11.6.2001 au 13.11.2002.

[19] Rhétorique que l’on trouve dans le recueil des articles de Guido Olimpio : « La rete del terrore », Sperling & Kupfer, 2002.

[20] Voir : « Journalisme de guerre et guerre contre le journalisme », par Abbas Aroua, Fondation Cordoue de Genève, 27 juin 2008.

[21] Alan Hart, ancien correspondant en chef, au Moyen-Orient, de la chaîne britannique « Independent Television News » [ITN] ; présentateur de la célèbre émission de la BBC, Panorama, auteur de l’ouvrage « Le sionisme : Le véritable ennemi des juifs » (« Zionism : The Real Enemy of the Jews »


Gaza sans carburants, sans électricité, sans médicaments et bientôt sans nourriture

La cruauté israélienne, la complicité occidentale et l'indifférence du monde arabe sont sans limites ... Ce dimanche, le blocus a fait sa 258e victime : un bébé âgé de sept mois est mort à l'hôpital Ash-Shifa à Gaza.
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Harcelés par les attaques israéliennes, leurs droits humains les plus élémentaires bafoués par Israël, l'occident et les dictateurs du monde arabe, les Palestiniens de Gaza refusent de plier - Photo : AP/Hatem Moussa
Ma'an News Agency / 17 novembre 2008 / Info-palestine

Ce sont 70% de la bande de Gaza qui étaient plongés dans le noir ce dimanche soir après qu'Israël ait bloqué pour le cinquième jour consécutif les livraisons de combustible pour la centrale électrique de Gaza, a déclaré un haut responsable palestinien du secteur de l'énergie.

Kan'an Ubeid, sous-directeur du secteur d'énergie palestinienne, a fait savoir lors d'une conférence de presse à Gaza qu'en plus de l'arrêt de la centrale électrique qui fonctionne au diesel, le réseau électrique fournissant de l'énergie en provenance d'Israël s'était arrêté en raison de la demande accrue sur le système.

Il y a eu à répétition des pannes électriques dans Gaza depuis que la centrale électrique s'est arrêtée jeudi dernier. Israël a bouclé ses frontières avec Gaza pratiquement tous les jours depuis le 4 novembre, interdisant les livraisons de nourriture, de carburant, et de médicaments.

Ubeid a expliqué que le blocus israélien complet empêche également l'importation des équipement et des pièces de rechange, dont des générateurs et des bobines de câble, devant servir à réparer les lignes électriques amenant l'électricité israélienne.

Il a dit également qu'en l'absence de gaz pour la cuisson des aliments, les habitants vivant dans les secteurs dépendant de l'électricité israélienne ont voulu consommer plus de puissance électrique, augmentant la pression sur le réseau.

Le manque de pièces de rechange signifie aussi que ne peuvent pas être dépannés les générateurs faisant fonctionner les hôpitaux et toute autre infrastructure d'importance. Le générateur principal de l'hôpital européen dans Khan Younis s'est déjà arrêté, ainsi que le générateur de secours de l'hôpital Ash-Shifa dans la ville de Gaza, le plus grand centre hospitalier du territoire.

Les coupures d'électricité impliquent aussi que les réseaux d'approvisionnement en eau ne peuvent pas pomper l'eau avec une pression suffisante, signifiant que les immeubles tant soit peu élevés sont sans eau.

Convoi de médicaments bloqué

Plus tôt dans la journée de dimanche, la police israélienne des frontières a empêché 15 camions chargés de médicaments d'entrer la bande de Gaza, selon un représentant du ministère palestinien de la Santé.

Mu'awiyya Hassanein, directeur général des services d'urgence et de transport ambulancier a informé la presse que bien que le ministère de la Santé manque de plus de 300 types de médicaments, les 15 camions ont été arrêtés au poste frontière de Karem Shhalom à l'entrée de Gaza. Hassanein a indiqué que les hôpitaux de Gaza manquerait bientôt de plusieurs autres séries de médicaments.

Hassanein a indiqué à Ma'an Agency dans un entretien par téléphone que « la situation sur le plan de la santé publique devient de pire en pire » dans Gaza.

« Un désastre sanitaire va se produire si Israël continue d'empêcher l'arrivée de médicaments dans Gaza, » ajoute-t-il.

Ce dimanche, le blocus a fait sa 258e victime : un bébé âgé de sept mois est mort à l'hôpital Ash-Shifa à Gaza.

Pendant ce temps, ce sont environ 400 patients souffrant de cancer et de maladies cardiaques qui attendent un traitement dans des hôpitaux israéliens et en Cisjordanie sous occupation. Israël a uniquement permis à 270 malades de Gaza d'accéder aux soins depuis que le blocus complet a été imposé plus tôt en novembre.

Hassanein a lancé un appel pour que les organisations internationales de la santé interviennent « pour sauver les hôpitaux de bande de Gaza d'un désastre de la santé publique qui a déjà commencé. »

16 novembre 2008 - Ma'an News Agency - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/en/index.ph...
[Traduction : Info-Palestine.net]

 


L'Afrique fait entendre sa voix pour ne pas être oubliée du G20

STRASBOURG (AFP) — Au moment où le G20 discutait à Washington d'une réforme du système financier international sans eux, des dirigeants africains réunis à Strasbourg ont appelé le monde à ne pas oublier leur continent, lui aussi victime de la crise.

De g à d: les présidents du Burkina Faso Blaise Compaoré, de Madagascar Marc Ravalomanana et du Mali Amadou Toumani Touré, et le président de la Commission de l'Union Africaine Jean Ping, le 15 novembre 2008 à Strasbourg

 http://news.google.com/news?hl=fr

"L'Afrique et les autres régions du monde en développement devraient être plus étroitement associées aux discussions en cours sur la réforme de l'architecture financière internationale", a plaidé le président du Burkina Faso Blaise Compaoré à l'ouverture des Journées européennes du Développement.

"Si le FMI et la Banque mondiale doivent jouer un rôle plus important dans la gouvernance financière internationale, il est juste que les pays en développement soient davantage impliqués dans la conduite des réformes impératives qui s'annoncent", a continué M. Compaoré, qui préside également la la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

"La crise actuelle confirme la nécessité de bâtir une nouvelle architecture financière, en impliquant non seulement les pays émergents, mais aussi l'Afrique", a renchéri le président du Mali Amadou Toumani Touré.

La France, qui préside l'UE, a fait "tout son possible" pour que d'autres pays africains, en dehors de l'Afrique du Sud, participent au G20, leur a répondu le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Mais au milieu de ces critiques, le président de Madagascar Marc Ravalomanana a relativisé la sous-représentation de l'Afrique à ce G20.

Pour être "crédibles" et traités "en partenaires responsables" par la communauté internationale, "nous devons prendre en main notre avenir et montrer au monde que nous, leaders africains, sommes sérieux, engagés et déterminés", a-t-il déclaré, appelant à "rétablir" la confiance en améliorant notamment la gouvernance.

Ceci n'exonère pas la communauté internationale qui doit elle aussi "prendre ses responsabilités" en "honorant ses promesses" d'aide au développement, a ajouté le président de Madagascar, appuyé par tous les responsables africains présents à la tribune.

"Pendant que tous les esprits se mobilisent depuis quelques semaines pour tenter de résoudre cette crise financière, la pauvreté révoltante continue de sévir, la situation alimentaire en Afrique et en Asie continue à se dégrader", a ainsi insisté le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf.

L'ancien président sénégalais a également exprimé sa "crainte" que cette crise financière ne fasse oublier "toutes les autres", notamment la crise alimentaire qui a provoqué des émeutes de la faim il y a seulement quelques mois.

Assurant que l'Afrique n'était pas "à l'abri de la contagion" de la crise financière, le président Compaoré a dépeint un avenir très sombre de baisse de l'aide au développement, des investissements et des transferts des migrants africains à travers le monde.

Alors que l'aide au développement de plusieurs grands donateurs a déjà baissé en 2007, avant même les risques de récession dans les pays riches, "l'une des choses qui me fait le plus peur, c'est qu'avec cette crise financière, ils ont une excuse maintenant", a continué la présidente de l'organisation humanitaire Action Aid, Noerine Kaleeba.

Le commissaire européen au Développement Louis Michel a ajouté sa voix à ce concert de craintes, critiquant ouvertement un monde riche qui "mégote quelque peu sa générosité et réduit son action trop souvent à l'indécente éloquence".

"Le monde traverse une crise grave, qui risque de faire resurgir en Europe les vieux réflexes de protectionnisme, d'individualisme et de repli sur soi. Mais il n'y a pas de crise plus grave que celle qui frappe quotidiennement 1,4 milliard d'être humains qui vivent avec moins d'un dollar par jour", a-t-il conclu.


La ville dont ils rêvent

« Impunité zéro » disent-ils
Allez ! Construisons des prisons
Pour nos enfants, nos sauvageons,
Mais pas chez nous. Ailleurs,
Loin de nos rues, de nos maisons
Exigent ces tricheurs.
Pourquoi pas sur une île ?

Eloignez le peuple, les incertains,
Les immigrés, les travailleurs.
La ville désormais nous appartient
A nous dont la suffisance
Masque mal l’incompétence.
« Amour, poésie, intelligence,
Qu’est ce » ? demande le marchand de biens.

Terres indomptées
Vendues aux bétonneurs
Espaces préservés,
Bradés, massacrés.
Arbres centenaires fracassés.
Falaises altières abandonnées,
Aux mains des tripatouilleurs

Vite ! Il faut vendre,
De la ville, l’héritage.
Faisons du bétonnage,
Et l’argent empochons.
Peu importe si pour les piétons,
Les immeubles cacheront la mer,
Il leur restera la lumière
Que nous ne savons pas encore prendre

Gilberte Deboisvieux
ldh-sete.org



Pétition de soutien des MRE au journal Almassae

Pétition de soutien des MRE au journal Almassae

 R. Niny T. Bouachrine 

Pétition de soutien des MRE au journal Almassae
Nous contacter

Nous, Marocains résidant à l'étranger, signataires du présent communiqué, avons reçu avec un profond regret et une grande tristesse le jugement prononcé, le 25 mars 2008, au tribunal de première instance de Rabat condamnant Monsieur Rachid Niny, directeur de publication du quotidien Almassae, à payer des dommages et intérêts de six millions de dirhams au profit de quatre vice-procureurs du roi à Ksar El Kbir. Le même tribunal a également condamné le directeur de publication à payer une amende de cent vingt mille dirhams à la trésorerie générale du royaume pour ce que le tribunal a qualifié de diffamation des quatre magistrats.

Cette décision choquante et injuste porte profondément atteinte à la liberté d'expression dans notre cher pays, touche gravement à la crédibilité du processus démocratique dans lequel le Maroc s'est inscrit depuis plusieurs années, nuit gravement à l'image de notre pays sur le plan international et menace sérieusement un journal populaire, crédible, sérieux et citoyen en l'entraînant par cette décision scandaleuse et inacceptable vers des difficultés financières sans remord ni souci pour l'avenir de ses employés.

Devant cet événement regrettable nous exprimons notre soutien à Monsieur Rachid Niny et au journal Almassae et demandons l'annulation dudit jugement car un jugement doit être en adéquation avec les préjudices subits



Diffamation : condamnation délirante pour un journal marocain

Rabat - le directeur du quotidien marocain arabophone indépendant al massae (le soir) rachid nini, a été condamné jeudi en appel à verser la somme de 6 millions de dirhams (800.000 dollars) en faveur de quatre substituts au ministère public pour délit de diffamation et d'injures, a appris apa dans la capitale chérifienne .



la cour d'appel de rabat a condamné

, en outre, le journal à verser 120.000 dirhams au profit du trésor public.

les quatre substituts du parquet de la ville de ksar el kabir (nord) avaient porté plainte séparément contre le journal en question qui avait publié en novembre dernier une enquête sur une fête privée où des pratiques homosexuelles avaient eu lieu.

le journal avait même publié une liste de mis en cause comprenant le nom d'un substitut du procureur du roi près le tribunal de première instance de la ville.

dans sa chronique quotidienne, le directeur du quotidien al massae avait publiquement demandé des excuses aux substituts admettant l'erreur professionnelle liée à la nature du métier.

la cour d'appel de tanger (nord) avait condamné, en janvier dernier, sept personnes qui avaient pris part à cette soirée scandaleuse à des peines de 4 à 10 mois de prison ferme notamment pour délit de perversion sexuelle .

depuis sa parution , il y a deux ans , le quotidien al massae a gagné en notoriété , au point qu'il est devenu le titre le plus vendu avec plus de 100.000 exemplaires par jour, soit 30 pour cent des ventes de toute la presse marocaine.

le quotiden table , aux yeux de ses détracteurs, sur " le sensationnalisme" via un " discours populiste".
le syndicat de la presse marocaine plaide pour l'abolition des amendes exorbitantes ainsi que les peines privatives de liberté du nouveau code de la presse qui peine à voir le jour.

http://www.musiqueray.org/actualite/amende-de-800-000-dollars-confirmee-contre-al-massae/2008002633.html

Actualités récentes

Diffamation : condamnation délirante pour un journal marocain
Bakchich (Satire)
http://www.bakchich.info/breve1309.html

Le premier quotidien arabophone du royaume lourdement condamné par ...
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=29149
Reporters sans Frontières

Soutien Rachid nini / Amende de 800 000 dollars confirmée contre al massae

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Ecrire votre soutien :
jesoutiensmonjournal@yahoo.fr

Du groupe : Soutien Rachid nini / Amende de 800 000 dollars confirmée contre al massae

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we are many people who look for the truth and justice..let's rescue our newspaper is less than one month..it's too eazy..we juste need to move together..so why are we waiting..


Quand on veut, on peut

Il est possible de défier les Israéliens, mais il faut en avoir le courage, spécialement les pays arabes.

13 novembre 2008 /  Info-palestine / Al-Naami - Al Ahram Weekly /
(JPG)
Enterrement de cinq combattants
Des Palestiniens assistent aux funérailles de cinq combattants du Hamas tués de nuit lors d'une opération de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza, la plus grave violation de la trêve qui a été conclue en juin.

L'auditorium du centre culturel de Rashad Al-Shawwa a retenti d'applaudissements lorsque le ténor italien, Joe Fallisi, a fini de chanter. Fallisi est l'un des 27 militants étrangers et palestiniens qui sont arrivés à Gaza la semaine dernière à bord du « Dignity » avec un voyage organisé par le mouvement Free Gaza pour rompre le blocus.

Pendant les trois jours qu'ils ont passé à Gaza, les militants ont visité la Bande et inspecté les dommages causés par deux années de blocus et par les incursions israéliennes. Jeudi, ils se sont rendus au plus grand hôpital de Gaza, Dar Al-Shifaa, où des dizaines de patients risquent de mourir s'ils ne sont pas autorisés à se faire soigner à l'étranger.

Iman, épouse d'un patient cardiaque, a dit « je n'arrive pas à croire que mon mari va mourir uniquement parce qu'on ne l'autorise pas à voyager. Une simple procédure médicale pourrait lui sauver la vie ».

Les militants ont été très frappés par la vue des maisons détruites, des oliveraies ravagées, des orangeraies déracinées et des puits comblés. Hassan Bakr, dont la ferme a été détruite par les Israéliens, espérait que les militants relaieraient ce qu'ils ont vu au monde extérieur et « obligeraient Israël à mettre fin à sa conduite criminelle ».

Les militants étrangers ont assisté à plusieurs événements organises en leur honneur ; au cours de l'un d'eux, des Palestiniens ont chanté une chanson en anglais au sujet d'un malade qui ne pouvait pas se rendre à l'étranger pour recevoir des soins.

Avant de quitter Gaza, les militants ont rencontré des représentants des étudiants qui ne peuvent pas poursuivre le leurs études à l'étranger à cause du blocus. Huweida Arraf, porte-parole du mouvement Free Gaza, a dit aux étudiants que leur problème est absolument prioritaire et a elle promis de transmettre leurs difficultés au monde entier.

Ihab Al-Ghosein, attaché de presse du Ministère de l'intérieur du Hamas, a dit que plus de 400 patients attendaient de pouvoir se rendre en Égypte pour y être soignés. Depuis que le blocus a été instauré à Gaza il y a deux ans, 253 personnes, dont un nourrisson, sont décédées en attendant d'avoir l'occasion de se rendre étranger. Il a ajouté qu'il y a au total 4628 personnes, dont 1182 femmes, 270 personnes de plus de 60 ans, 786 et étudiants, 199 détenteurs d'un passeport égyptien et 244 enfants de moins de cinq ans qui souhaitent se rendre à l'étranger. Il y a plus de 1700 personnes dont le permis de séjour à l'étranger a expiré à cause du blocus et 300 détenteurs d'un passeport étranger qui n'ont pas pu quitter la Bande, a signalé Al-Ghosein .

Mairead Corrigan-Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix en 1976, à cause de ses efforts en faveur de la paix en Irlande, était parmi les militants qui sont allés à Gaza. Elle a dit que son objectif était de rencontrer les habitants et de connaître leurs soucis ainsi que de rompre le silence international sur ce qui se passe à Gaza en raison du blocus. « Je voulais également voir par moi-même comment les gens vivaient. Je veux faire connaître leur situation au monde entier et demander instamment à la communauté internationale de faire face à ses responsabilités » a-t-elle ajouté.

Mairead Corrigan-Maguire a demandé instamment aux Palestiniens de retrouver leur unité et de dépasser leurs divisions actuelles. « Les Palestiniens ont suffisamment souffert.... Nous ne pouvons pas accepter la confiscation par Israël des terres palestiniennes, les destructions de maisons, la construction de colonies, ou la manière raciste dont les Israéliens traitent les Palestiniens » a-t-elle dit. La lauréate irlandaise du prix Nobel a ajouté qu'elle reviendra à Gaza en cas de besoin. « Je n'aime pas la mer et le voyage m'a épuisée. Mais je reviendrai si le blocus continue ».

Jamal Al -Khodari, militant antiblocus, a dit que la prochaine étape consisterait à louer un avion et à atterir à Gaza, pour défier ainsi le blocus aérien tout comme cela avait été fait avec les blocus terrestre et maritime. « Les Palestiniens ont le droit d'utiliser leur espace aérien comme n'importe qui d'autre » a-t-il déclaré.

Al-Khodari a annoncé qu'une délégation internationale de parlementaires de pays arabes européens et asiatiques comptait se rendre à Gaza par le passage de Rafah. Il espérait que les autorités égyptiennes n'essayeraient pas d'empêcher la délégation de passer.

L'intrépide voyage du bateau a ravi le Hamas. Fawzi Barhoum, porte-parole officiel du Hamas, a dit que l'arrivée du Dignity prouvait que le blocus peut être défié. « Il est possible de mettre fin au blocus de Gaza si les Arabes prennent une position officielle et effective » a-t-il ajouté.

La rupture du blocus est un devoir humanitaire, éthique et national a dit Barhoum. Il a demandé à l'Égypte d'ouvrir le passage de Rafah et de témoigner de la sympathie pour « la souffrance d'un million et demi de Palestiniens ».

Initiative sans précédent, une banque alimentaire vient d'ouvrir ses portes au public pour aider la population à faire face au blocus. Adel Rizq , directeur exécutif de l'agence civile pour la santé familiale, a dit que la banque distribuerait de la nourriture gratuite aux personnes dans le besoin lesquelles seraient identifiées et aidées, a-t-il fait remarquer.

 

 

6 novembre 2008 - Cet article peut être consulté ici :
http://weekly.ahram.org.eg/2008/921...
Traduction : amg


L'occupation cette semaine du 30 octobre au 6 novembre dans les territoires occupés :

L'occupation cette semaine du 30 octobre au 6 novembre dans les territoires occupés :

En Cisjordanie :

-   33 incursions militaires
-   21 Palestiniens blessés, dont une femme et un militant international
-   3 journalistes palestiniens blessés à Hébron
-   21 civils palestiniens arrêtés, dont 2 mineurs
-   2 civils palestiniens arrêtés à la frontière avec la Jordanie, au passage d'al-Karama
-   Poursuite des agressions de colons et de la colonisation
-   Démolition de 3 maisons et d'une salle de mariage dans et près de Jérusalem

Dans la bande de Gaza :

-  7 Palestiniens de mouvements de la résistance tués
-  2 incursions
-  4 Palestiniennes arrêtées

Le siège des territoires a été maintenu, en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza qui est coupée du monde extérieur, [sauf de l'occupant], où tous les passages commerciaux ont été fermés ainsi qu'Erez au nord de la bande de Gaza.

http://www.pchrgaza.org
Rapport complet sur : http://www.pchrgaza.org/files/W_rep...

(JPG)
Les forces d'occupation israéliennes ont pris d'assaut le collège technique Palestine,
près de Hébron, arrêté des étudiants et blessé le doyen et un gardien.


Partie Bande de Gaza

Dans la bande de Gaza le siège a redoublé d'intensité. Les postes frontière de Sofa et de Erez-Beit Hanoun sont restés fermés.

Mardi 4 novembre

-  07h00 : Les FOI pénètrent à 150 mètres dans la localité de Al Hamra à l'est de Beit Hanoun. Toutes les terres déjà défoncées et les bâtiments précédemment détruits sont passés à la niveleuse. l'opération est toujours en cours à l'heure de la rédaction de ce rapport.

-  20h30 : Une unité d'infanterie pénètre à 400 mètres dans la localité de Wadi Al Salqa, à l'est de Deir Al Balah au centre de la bande de gaza. La maison de Mofeed Suleiman al-Rumaili est cernée, l'entrée est forcée. Toute la famille est regroupée dans une pièce. Le reste de la maison est transformé en base militaire. Un renfort de troupe assiège la maison de Hassan Suleiman al-Humiadi, utilisant un mégaphone pour sommer ses 23 résidents d'en sortir. Haneen Salah al-Humaidi, 27 ans, est blessée de plusieurs balles dans le dos, ce qui déclenche une confrontation entre les FOI et les membres d'une brigade 'Izzidin al-Qassam, le bras armé du Hamas. 3 d'entre eux sont blessés. Un 4ème est dans un état sérieux. Les FOI envoient encore du renfort terrestre appuyé par l'aviation.

-  22h30 : L'aviation cible un missile sur un groupe de résistants. Mazen Nazmi Abu Sa'da, 32 ans, est tué sur le coup

-  Au petit jour du 5 novembre, les FOI détruisent la maison de al-Humaidi, défoncent près d'un hectare de terre agricole et arrêtent 4 femmes dont celle blessée par balles la veille.

Il s'agit là de la première escalade meurtrière depuis l'accord signé en Egypte le 19 juin 2008 pour une trêve entre les deux parties

Mercredi 5 novembre

-  23h50 : L'aviation de l'occupant tire deux missiles sur 4 résistants, membres des brigades 'izzidin Al-Qassam regroupés à l'est de la localité de Al Qarara sur la frontière avec Israël. Mahmoud Taha 'Abdul Rahman Ba'lousha, 21 ans, 'Omar Saleem Khader al-'Alami, 20 ans, Wajed Nizam Hamza Muhareb, 19 ans et Mohammed 'Abdullah Mohammed 'Awadh, 26 ans, sont tués sur le coup.

-  Une heure plus tard, le jeudi 6 novembre, l'aviation tire deux autres missiles sur une autre brigade 'izzidin al-Qassam regroupée Route N°2 dans Al Qarara, le long de la frontière. 'Ammar Saleem Darwish Salhiya, 21 ans est tué.

-  23h00 : L'aviation intervient à nouveau et cible un missile sur un groupe de résistants membres des brigades Al Qds, bras armé du Jihad islamique. Ils se dirigeaient vers l'hôpital Al 'Awda dans la localité de Jabaliya. Ghassan Yasser al-Taramsi, 18 ans, est tué. Deux passants sont blessé par les éclats : Mohammed Tayseer al-Bahtiti, 19 ans et 'Essam 'Ali Ba'lousha, 46 ans.

L'aviation israélienne riposte ainsi au lancement de rockets artisanaux sur Israël.

Le point sur les 6 postes frontière :

Sofa au N.E. de Rafah et Erez-Beit Hanoun sont restés fermés toute la semaine.

Karm abu Salam a été ouvert 6 jours pour laisser entrer :

Date  : Détails
29 oct.  : 71 containers de denrées diverses
30 oct.  : 23 containers - -
31 oct.  : 50 containers - -
1er nov.  : Fermé pour cause de Shabbat
2 nov.  : 70 containers - -
3 nov.  : 79 containers - -
4 nov.  : 75 containers - -

Al Mentar-Karni a été ouvert le 3 novembre pour l'entrée de 3 600 tonnes d'aliments pour bétail et des semences et le 4 pour l'entrée de 3200 tonnes des mêmes denrées.

Rafah International :

Date  : Détails
29 oct.  : 30 pèlerins et malades rentrent chez eux
30 oct.  : 112 pèlerins et malades rentrent chez eux
2 nov.  : 15 Palestiniens dont 4 responsables du Jihad*
sont autorisés à se rendre en Egypte
3 nov.  : Des leaders du Hamas** et leurs gardes du corps
se rendent en Egypte pour des pourparlers avec
les autorités égyptiennes
4 nov.  : 1 93 malades et étudiants se rendent en Egypte
424 autres dont les leaders du Hamas** rentrent à Gaza

* Dr. Mohammed al-Hindi, Sheikh Nafez 'Azzam, Ibrahim al-Najjar et Jameel Yousef
** Mahmoud al-Zahhar et Khalil al-Haya

Nahal Ouz :

Date  : Essence  : Diesel  : Gaz domest.  : Fuel indust.
29 oct.  : 10 500 litres plus
49 900 l pour l'UNRWA
 : 220 000 litres
pour l'UNRWA
 : 247 200 tonnes  : 188 400 litres
30 oct.  : 0  : 0  : 83 340 tonnes  : 0
2 nov.  : 124 410 litres  : 262 400 litres  : 223 390 tonnes  : 0
3 nov.  : 0  : 0  : 202 280 tonnes  : 0
4 nov.  : 0  : 0  : 200 tonnes  : 630 000 litres

Traduction partie Bande de Gaza : Jacques Salles pour Palestine 33

Partie Cisjordanie

1 - Incursions dans les villes, villages et camps des Palestiniens et agressions contre leur personne et leurs biens

Cette semaine, au moins 33 incursions ont eu lieu dans les communautés palestiniennes par les forces d'occupation israéliennes (FOI) au cours desquelles elles ont arrêté 21 civils palestiniens dont 2 mineurs. Le nombre de Palestiniens arrêtés depuis le début de l'année est porté à 2 111. D'autre part, plusieurs mineurs ont été détenus par l'occupant pendant plusieurs heures, puis relâchés. D'autres Palestiniens seront arrêtés lors de leur tentative d'empêcher les démolitions de maisons à Jérusalem.

Jeudi, 30 octobre 2008

Jénine : incursion dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine (arrestations de 3 Palestiniens). Village de Qabatya (pas d'arrestation).

Naplouse : cité et camp voisin de Balata (pas d'arrestation).

Hébron : quartier al-Sheikh (un Palestinien emmené pour interrogatoire). Village de Tarqoumia (2 Palestiniens emmenés pour interrogatoire).

Vers midi, les troupes d'occupation pénètrent en force sur le campus du collège technique Palestine dans le secteur d'al-'Arroub, au nord d'Hébron. Elles détiennent au moins 15 des étudiants de l'école d'Agriculture contiguë et frappent un certain nombre d'entre eux. Elles arrêtent également 12 étudiants du collège, la plupart sont libérés dans la soirée. Durant cette attaque, le doyen du collège 'Eissa al-'Amla et un gardien, Mohammed Abu Zagharit, sont blessés. Bethléhem : village d'al-'Ehayat (arrestation d'un jeune de 19 ans après fouille de sa maison).

Aux environ de midi et demi, des soldats de l'occupation, déguisés en civil, pénètrent dans Bethléhem, circulant dans un véhicule israélien. Ils s'arrêtent dans le centre, descendent du véhicule et arrêtent un jeune. Peu après, des véhicules de l'armée pénètrent à leur tour dans Bethléhem pour protéger le repli du détachement en civil.

Vendredi, 31 octobre

Naplouse : incursion dans la cité et dans le camp de Balata (pas d'arrestation).

Hébron : vers 16h, l'occupant pénètre dans le village de Dura, patrouille dans les rues en tirant sur des civils, provoquant un accrochage avec eux. Trois civils palestiniens, dont un mineur, sont blessés. 17h50 : camp d'al-'Arroub (1 arrestation, un enseignant).

Samedi, 1er novembre

Naplouse : cité et camp voisin d''Ein Beit al-Maa' (pas d'arrestation). Village d''Assira (pas d'arrestation). Bethléhem : village d'al-Khader, l'armée garde deux mineurs de 12 ans, ils reviendront au village 2 h plus tard (pas d'arrestation).

Dimanche, 2 novembre

Naplouse : cité et camp voisin de Balata (pas d'arrestation). Village d''Assira (sans arrestation).

Bethléhem : village de Taqqou' (arrestation d'un jeune). Jénine : village de Zabbouba (arrestation d'un mineur de 16 ans).

Lundi, 3 novembre

Jénine : ville et camp de réfugiés et village de Kufor Qoud (pas d'arrestation).

Naplouse : ville et camp voisin de Balata (pas d'arrestation). Village de Kufor Qallil (2 arrestations : 18 et 17 ans). Village de Beit Eiba (un jeune arrêté.

Tubas : vers 1h 10 du matin, l'armée rentre dans le camp de réfugiés d'al-Far'a, au sud de Tubas, y impose un couvre-feu. Elle pénètre dans un certain nombre de maisons et les fouille. Quelques heures plus tard, des civils palestiniens se rassemblent et se mettent à lancer des pierres sur les véhicules de l'armée. Aussitôt, comme à chaque fois, l'armée tire sur les civils, 6 sont blessés dont 2 mineurs, la plupart sont des jeunes mais aussi un membre du personnel de l'UNRWA (office des Nations unies d'aides aux réfugiés palestiniens) qui était en service et est blessé par une balle caoutchouc au côté. Tous sont blessés par balles, certaines enrobées de caoutchouc.

Mardi, 3 novembre

Tulkarem : incursion dans la cité, fouille d'une maison, obligeant la famille à sortir, et emmène Rami, 22 ans, dans un atelier appartenant à la famille, fouille l'atelier et arrête le jeune Palestinien.

Bethléhem : quartier d'al-Kurkuffa (2 arrestations). Camp de réfugiés d'al-'Azza (2 arrestations, 19 et 20 ans). Village de Taqqou' (1 arrestation, 20 ans)

Jénine : village de Jaba' (2 arrestations).

Mercredi, 5 novembre

Hébron : quartier al-Sheikh (1 arrestation).

Bethléhem : camp d''Aïda, fouille d'une maison, un mineur emmené pour interrogatoire. Village d'al-Khader, fouille d'un magasin et arrestation de son propriétaire.

Tulkarrem : village de Kufor al-Labad, 3 Palestiniens emmenés pour interrogatoire.

(JPG)
Arrestation d'un Palestinien qui voulait empêcher la démolition
d'une maison à Silwan, près de Jérusalem. (AP)


2- Maintien du siège sur les TPO


Environ 630 barrages sont dispersés sur les routes de Cisjordanie, gardés ou non par l'armée. En outre, quelque 60 à 80 barrages temporaires sont installés de façon impromptue chaque semaine.

En Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, il y a autour de 500 km de routes où les déplacements des Palestiniens sont restreints, voire interdits. Un tiers de la Cisjordanie est devenue inaccessible aux Palestiniens sans un permis spécial délivré par l'occupant, permis extrêmement difficile à obtenir. Et même avec ce permis en main, souvent les fermiers sont empêchés d'aller sur leurs terres.

Au moins 65% des routes qui mènent aux 18 communautés palestiniennes de Cisjordanie ont été fermées ou totalement contrôlées par les FOI (soit 47 routes sur 72).

La Cisjordanie a connu, cette semaine encore, des restrictions graves à la liberté de déplacements de sa population palestinienne.

Jérusalem : une restriction sévère aux déplacements des Palestiniens est maintenue pour entrer et sortir de la cité. L'armée et la police refusent l'accès à la cité à des milliers de Palestiniens de Cisjordanie comme de la bande de Gaza. Des check-points sont installés autour et dans la ville. Le vendredi, jour de prière, les restrictions sont encore plus grandes pour les empêcher d'aller prier à la mosquée al-Aqsa. Ceux qui essaient de contourner les barrages se font violemment frappés.

Naplouse : là aussi, les restrictions aux déplacements sont permanentes. Sur certains check-points, elles sont même renforcées, ou alors les contrôles sont plus approfondis et les gens attendent des heures de plus au barrage, en file, surveillés par l'armée. Cette semaine, le check-point de Za'tara, au sud de Naplouse, fut particulièrement ciblé par l'occupant.

Tulkarem : mêmes restrictions. Avec un check-point (Wad al-Teen) fermé une partie de la matinée du jeudi 30. Des barrages ont été montés à 'Attil, à al-Ras, à Qiffin, au carrefour d''Allar.

Passage frontalier international d'Al-Karama (frontière Palestine/Jordanie) : l'armée d'occupation israélienne arrête un Palestinien venant de Jénine et se rendant en Jordanie, pour raison médicale (plusieurs maladies chroniques) et le même jour, au même endroit, elle arrête un jeune de 18 du village de Bourqin qui se rendait en Jordanie pour visiter des parents.


3 - Construction du mur


(JPG)
Un agriculteur palestinien de Jayyous, au nord-est de Qalqilya.

La construction du mur d'annexion se poursuit en Cisjordanie. Une fois terminé, le mur (déclaré illégal par la Cour internationale de Justice en 2004) s'étendra sur 724 km autour et à l'intérieur de la Cisjordanie, isolant encore davantage la population. 99% environ sont construits à l'intérieur même du territoire avec toujours plus de saisies de terres palestiniennes.

Les forces d'occupations continuent de harceler les manifestants qui protestent de façon non violente contre la construction du mur d'annexion notamment à Bil'in et Ni'lin, près de Ramallah.

Bil'in : le vendredi, après la prière, des civils palestiniens, ainsi que des militants israéliens pour les droits de l'homme et des internationaux manifestent, tentant de se diriger ensemble vers le mur. Mais aussitôt, systématiquement, l'armée d'occupation ouvre le feu à balles d'acier enrobées de caoutchouc et lance des grenades lacrymogènes et assourdissantes sur les manifestants. Chaque semaine des manifestants sont blessés ou souffrent des inhalations, mais chaque semaine ces manifestations non violentes reprennent. Cette semaine, un jeune Palestinien de 15 ans a été blessé à la jambe par une balle.

Nil'in : la même manifestation non violente est organisée chaque semaine dans le village voisin de Nil'in avec la même réaction de violence contre les manifestants de la part de l'occupant. 2 Palestiniens ont été blessés (un par une balle dans le dos, un autre ayant reçu le corps d'une grenade dans une main), et un militant international, par une balle dans une main.

Durant cette semaine, l'armée d'occupation a continué d'empêcher les agriculteurs palestiniens d'aller sur leurs terres qui ont été annexées pour la construction du mur, bien que ces agriculteurs possèdent des autorisations remises par les FOI elles-mêmes.

Au village d'al-Ras, au sud de Tulkarem, les soldats postés à la porte 753 ont bloqué les fermiers qui se rendaient avec leurs tracteurs sur leurs terres. Les forces d'occupation leur ont permis de s'y rendre seulement à pied.

A'Azzoun 'Atma, au sud de Qalqilya, l'armée empêche les fermiers palestiniens d'emmener le nombre pourtant limité de plans qu'ils sont autorisés à emporter sur leurs terres isolées par le mur. Elle empêche aussi les fermiers palestiniens qui vivent à l'extérieur du village d'arriver sur leurs terres pour s'occuper de leurs olives.

Dans le village de Jayyous, au nord-est de Qalqilya, l'armée empêche les agriculteurs d'aller sur leurs terres isolées par le mur. Deux d'entre eux sont arrêtés : Fadi 'Abdul Karim Debes, 30 ans, et Ma'ath Mohammed Meqbel, 27 ans. Il faut signaler qu'au moins les deux tiers des terres du village de Jayous sont annexés pour la construction du mur.


4 - Activités coloniales et violences des colons contre les Palestiniens et leurs biens


Ces colonies sont totalement illégales au regard du droit international ce qui n'empêche que la colonisation se poursuit, ainsi que la démolition de maisons et les agressions des civils palestiniens sur leur propre terre.

Le vendredi matin, 31 octobre, des colons de Kiryat Arba et de Kharsina, deux colonies au sud-est d'Hébron, attaquent des maisons palestiniennes proches de la colonie de Kharsina avec des pierres et des bouteilles vides. Ils s'en prennent aussi à trois journalistes qui filmaient leur agression :
-   Hazem Jameel Bader, 41 ans, caméraman d'Associated Press, blessé à la tête
-   Yusri Mahmoud al-Jamal, 31 ans, caméraman de Reuters, blessé au pied droit
-   Eyad Hamad, 29 ans, caméraman d'Associated Press, ecchymoses au pied gauche.

Selon le journaliste Bader, au moins 15 colons israéliens, dont certains masqués, l'ont attaqué avec des pierres alors qu'il était près d'une maison palestinienne.

Démolitions des maisons

Le mercredi 5 novembre, à 7h, des gardes-frontière et des policiers israéliens, accompagnés d'officiels de la municipalité de Jérusalem-Ouest, pénètrent dans le quartier de Shu'fat, dans le nord de la ville. Ils procèdent à la démolition d'une maison de 170 m2 appartenant à 'Emad Ahmed Bisharat, et où vivaient 11 personnes. Ils se rendent ensuite à al-Ashqariya et là, démolition également d'une maison de 150 m2, elle appartient à Bader Shwaiki. Ils vont après dans le quartier de Beit Hanina au nord de Jérusalem et font démolir une salle de mariage de 40 m2 appartenant à Sameer Qeresh. Dans le même temps, les FOI assiégent la maison de Mohammed Siam où vivent 6 personnes, dans le quartier al-Bustan à Silwan, au sud de la mosquée al-Aqsa. La famille et des dizaines de civils se rassemblent à l'intérieur de la maison pour tenter de s'opposer à sa démolition. L'armée lance des grenades assourdissantes et des lacrymogènes à l'intérieur de la maison et attaque les civils. 12 Palestiniens souffrent d'ecchymoses par les coups reçus et 17 sont arrêtés. Dans l'après-midi, l'occupant démolit la maison qui faisait 60 m2.

Traduction partie Cisjordanie : JPP pour les Amis de Jayyous

(JPG)
Démolition de la maison de Silwan. (AP)


(JPG) Document public

Pour plus d'informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter notre site (http://www.pchrgaza.org) ou de nous contacter à notre bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).


Assez, c’est assez !

Si vous croyez que la guerre a toujours existé et existera jusqu'à l'Apocalypse, alors tous aux abris et bonne chance !

(JPEG)

Si vous pensez que les pacifistes sont des pleutres manquant de virilité, des hippies attardés ou des écologistes utopiques, que l'on ne peut changer la marche chaotique du monde, réfléchissez aux actions du Mahatma Gandhi ou de Nelson Mandela. Si, en parcourant votre journal vous vous posez des questions, si les images de vos nouvelles télévisées vous bouleversent, si vous vous préoccupez du sort des êtres à l'autre bout du monde, si la déforestation vous inquiète, alors, comme moi, il vous arrive souvent de dire :

« assez, c'est assez ! »

Durant le temps que vous mettrez à lire ces lignes, des milliers d'enfants seront morts de faim, de soif, de maladie, victimes de guerres atroces, ou enfants soldats mobilisés de force, drogués, manipulés, enfants sans enfance, sans tendresse, sans jeu, puis sans vie.
Pendant le même temps, des gouvernements dépensent des sommes considérables pour l'armement.

Au même instant, des médecins, des docteurs, des bénévoles, se battent, parfois avec des moyens dérisoires, contre les maladies. Des institutrices, instituteurs, professeur(e)s, souvent dans des conditions minimales, luttent contre l'analphabétisme, tandis que des avions hyper équipés surveillent les moindres recoins, scrutent tous les mouvements de troupe ou de matériel pour qui, pourquoi ?

Nous ne sommes plus dans une course aux armements, mais dans une frénésie, une folie sans fin. Beaucoup d'humains sont en guerre contre leurs voisins, la nature, les arbres, les animaux. Au nom d'une idéologie, d'une religion, d'une politique, d'un besoin énergétique, tonnent les armes. Elles ont la capacité de détruire la planète. Partout, des millions de personnes lancent des cris de détresse qui sont étouffés par les avions militaires, les chars d'assaut, mitrailleuses, mines, roquettes et autre quincaillerie dévastatrice, ruineuse et vite obsolète ou détruite. Les marchands d'armes, de tous pays, empochent les profits. La demande en armes et si forte, que même des pays pauvres fabriquent des instruments meurtriers. Un gigantesque trafic d'armes de tous styles et calibres sillonne le globe.

-  Où cela nous mène-t-il ?

À des millions de morts, blessés, déplacés, à des villes et villages détruits. Pour les survivants, ces hécatombes s'accompagnent d'un épuisement des ressources, une domination sans pareille de quelques-uns sur la multitude, un appauvrissement accru des plus misérables.

-  Que peut dire le simple paysan, devant un char d'assaut, une bombe ?

Aujourd'hui, j'écris, demain peut-être un kamikaze fera sauter l'autobus, un avion percutera un immeuble, une bombe irradiera notre région. Nul n'est à l'abri de la guerre.

-  Pour qui, pourquoi ?

Des millions de personnes tentent de quitter des pays soumis à une horrible pression interne ou externe.

Des millions de personnes meurent dans l'indifférence quasi absolue.

Les guerres que nous devrions mener sont des guerres contre la faim, la malnutrition, les pandémies, les maladies, l'analphabétisme, la drogue....

Pour cela, l'humain doit se hisser à un niveau qu'il a rarement atteint, celui d'une prise de conscience planétaire, celui de sa condition de terrien, sa condition d'humain parmi les humains. Il le doit pour les générations futures, les enfants et vieillards, les malades, les souffrants et en mémoire de ceux qui sont morts. L'homme doit arrêter de considérer l'autre comme un ennemi, l'école et la soci